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our love in their blood (f)

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gryffindor house
⊱ DRAGÉES SURPRISES : 745
⊱ PSEUDO : regulus (marine)
⊱ CRÉDITS : © sweet nothing / hestia
⊱ AVATAR : mcdonell.
⊱ COMPTES : le maître des potions.

⊱ ÂGE : vingt-trois ans.
⊱ STATUT CIVIL : officiellement en couple avec melisandre, mais ce n'est qu'une façade pour cacher son couple avec freya et protéger celle qu'il aime.
⊱ SANG SORCIER : de sang-pur, mais il s'en moque.
⊱ SCOLARITÉ : élève de dixième année suivant le parcours des soins magiques dans le but de devenir un futur guérisseur (master, deuxième année).
⊱ CLUBS ET DISCIPLINE : capitaine et gardien de l'équipe de quidditch, joueur d'échecs vindicatif et duelliste émérite.
⊱ BAGUETTE : taillée dans le bois d'un vieux houx, elle contient en son coeur une moustache de fléreur et mesure près de vingt-neuf centimètres trois quart. Parfaitement rigide, elle est dit-on, prédisposée aux sortilèges informulés.
⊱ PATRONUS : c'est un noble bélier.

MessageSujet: our love in their blood (f) Mar 25 Aoû - 13:07


tell me you loved to destroy.
tell me you need me

La porte du bureau du directeur de Gryffondor claqua derrière le passage du jeune Black, sourire aux lèvres. Il avait obtenu ce qu'il voulait, la possibilité d'ouvrir le recrutement pour l'équipe de Quidditch. Cette année et comme l'année dernière, il était le fier et un peu trop prétentieux selon certains, capitaine des lions. Il comptait bien ramener la coupe entre les murs de la salle commune comme certains l'avaient fait avant lui. Pour une fois, Tommen se souvenait d'une phrase que son père lui avait toujours soufflé durant son enfance pour l'entraîner à être un parfait Black. Rien n'est impossible quand on est un Black. Tommen voulait s'accrocher à cette maxime comme à une branche désespérée. Il y avait toujours cru, c'était comme un passe-droit et cela gonflait encore plus un égo qui avait du mal à dégonfler malgré l'insistance de sa petite amie non officielle, Freya. La vie amoureuse de Tommen était quelque chose de complexe sur le fond. En apparence, il était en couple avec Melisandre Aldrige, sorcière de sang-mêlée au teint olivâtre, mais ce n'était qu'un leurre pour tromper tout le monde. En réalité, Tommen vivait un amour caché avec la beauté froide qu'incarnait Freya Potter. Une relation interdite, semblable aux amants maudits de Shakespeare, mais Tommen s'interdisait de connaître une fin aussi tragique. C'est pourquoi il faisait tout pour ne pas que cette liaison soit découverte. Bien entendu, Freya n'était pas de cet avis et elle souhaitait braver le danger, mais elle n'avait selon son petit-ami, aucune idée du danger qui rôdait et de la fureur de sa famille. Elle ignorait tout des traditions du sang et de cette vieille fresque généalogique qui trônait au 12 square grimmaurd. Combien de fois Tommen l'avait observé en silence, assis en tailleur au sol en imaginant sa mère brûler son visage. Renier ? Avait-il peur de ça ? Il ignorait d'où venait cette crainte qui l'empêchait souvent de dormir le soir, mais il ne voulait pas en parler. Comme tous les Black, il cachait ses émotions et laisser apparaître une facette, un masque d'argile que seule Freya pouvait défaire. Il n'aurait su expliquer pourquoi c'était elle et pas quelqu'un d'autre. C'était comme ça, une vérité implacable, comme le soleil qui se levait à l'est pour se coucher à l'ouest, comme la lune qui dictait aux marées, comme l'ordre des saisons. Tommen traversa le grand escalier et se laissa guider. Érigés jadis par Serdaigle, ils avaient pour habitude de n'en faire qu'à leur tête, alors le sorcier en profita pour remettre sa chemise dans son pantalon et d'ajuster sa cravate avant qu'un professeur peut-être trop sévère et pointilleux lui retire des points car sa tenue n'était pas convenable. Quand la danse des escaliers cessa, Tommen se retrouva devant le couloir du premier étage. Parfait, pour une fois, il était là où il voulait. Le sorcier continua sa route, son sac en bandoulière autour de lui. Il transportait dedans plusieurs livres, ainsi que ses plumes et son encrier, un télescope de poche et des friandises. A chaque pas qu'il faisait, on entendait une sorte de bruit de métal qui se fracassait à l'intérieur, mais il ne s'en inquiétait pas. Le jeune Black n'était pas un professionnel de l'organisation, bien au contraire. Il était de ceux qui jetaient leurs affaires sans ménagement dans leurs valises le jour du départ et qui s'apercevaient à leur arrivée que l'encrier s'était ouvert et avaient tâchés les parchemins et les livres. Mais pourquoi changer quand on était si bien ? Tommen n'en avait pas l'intention. Il enjamba une armure tombé au sol et resta attentif, jurant que Peeves, ce maudit esprit frappeur devait se trouver dans le coin et tourna dans un couloir nettement moins fréquenté. C'est là qu'il décida de regarder l'heure sur sa montre à gousset magique qui ne la quittait jamais. Offerte par sa soeur Lyra pour son dix-septième anniversaire, elle était en argent et gravée du symbole des gémeaux. Quand on l’ouvrait, elle indiquait l'heure et la position du soleil. Très utile pour un vagabond comme Tommen, il inspecta l'heure, onze heure trente. Il avait une demie-heure devant lui. Le sorcier rangea sa montre dans la poche de son pantalon et continua sa route en vérifiant qu'il n'était pas suivi par quelqu'un de douteux. Enfin, il arriva devant une vieille porte de bois et posa sa main sur la clenche. La porte était verrouillée. Il sortit alors un petit canif et décida de crocheter la serrure à son habitude. Outil astucieux magique qu'il avait dérobé chez lui, dans les cuisines. Quand le verrou sauta, Tommen entra et remarqua la présence de sa petite-amie, la vraie. Elle se tenait là, dans une ancienne salle de classe abandonnée, entrain d'examiner une étagère avec des livres recouverts de poussières et dont les pages pouvaient se dissoudre sous les doigts de son lecture. « Je te demande de m'excuser, j'étais avec notre directeur et j'ai reçu la permission d'ouvrir le recrutement pour le Quidditch ! » lança Tommen en posant son sac sur le bureau pour venir enlacer Freya dans ses bras. Elle sentait toujours bon le parfum du lilas et une pointe de cannelle dont le garçon ne saurait dire d'où en était la source, mais il aimait ça. L'étreinte était sincère et tendre à la fois, passionnée et douce. En dehors des quelques moments volés au sommet de l'horloge du château un soir sur deux après le dîner, Tommen et Freya essayaient de se voir quand ils n'avaient pas cours comme là, dans des endroits à l'abri des regards. Le jeune Black recula, mais conserva son amie dans ses bras. Il l'observa un long moment et repoussa une de ses mèches derrière son oreille avant de trouver le chemin de ses lèvres pour un baiser tant attendu. Les lèvres de Freya étaient fermes et pulpeuses à la fois. L'embrasser était un passe-temps très agréable pour le garçon. « Comment vas-tu ? » demanda-t-il enfin. Son regard sombre se posa enfin sur l'insigne de préfet qui était fièrement épinglée sur la robe de sorcier de sa petite-amie. « Dois-je craindre des sanctions maintenant ? Vas-tu me... Punir ? » demanda-t-il, un sourcil arqué sur un air sérieux, mais derrière se cachait son éternelle ironie.



    THESE VIOLENT DELIGHTS HAVE VIOLENT ENDS
    love is a smoke raised with the fume of sighs, being purged, a fire sparkling in lovers' eyes, being vexed, a sea nourished with loving tears. What is it else? A madness most discreet, achoking gall, and a preserving sweet.

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⊱ DRAGÉES SURPRISES : 120
⊱ PSEUDO : backwards ; red stars. (eve)
⊱ CRÉDITS : (av) wildworld. (gif) hestia bae.
⊱ AVATAR : crystal reed.
⊱ COMPTES : jade.

⊱ ÂGE : vingt-trois secrets qu'elle ne peut arracher au passé.
⊱ STATUT CIVIL : il y a lui pour qui son coeur bat, mais officiellement, le célibat lui sied parfaitement depuis des mois.
⊱ SANG SORCIER : elle est de sang impur, de sang-mêlé, et n'a aucun à priori dessus.
⊱ SCOLARITÉ : élève de dixième année, spécialisée en sciences occultes, elle vise le métier de langue-de-plomb.
⊱ CLUBS ET DISCIPLINE : préfète de la maison gryffondor, elle fait partie du club de bavboules depuis sa première année, et fait aussi partie des duellistes du château.
⊱ BAGUETTE : sa baguette est faite d'acajou, avec en son coeur une larme de phoenix. sa baguette mesure vingt-cinq centimètres et demi, elle est prédisposée aux sortillèges défensifs.
⊱ PATRONUS : son patronus lui est inconnu, car rien ne sort encore de sa baguette. ce n'est qu'une forme vague dont les contours sont indéchiffrables. mais l'échec n'a pas eu raison de sa détermination et elle a juré d'y arriver.

MessageSujet: Re: our love in their blood (f) Mar 25 Aoû - 16:29


our love in their blood

tell me you loved to destroy.
tell me you need me.
Il y a dans les livres un savoir inaccessible et magnifique que Freya ne saurait nommer mais qu’elle a appris très tôt à apprécier. Il y a des millions d’histoires reliées les unes aux autres et détachées du monde. Freya, quand ses yeux parcourent les lignes calligraphiées ou imprimées, elle se perd dans mille mondes à la fois et savoure la douce liberté qui lui caresse les joues et rampe à travers ses veines. C’est une forme douce d’adrénaline que peu reconnaissent véritablement et que peu savourent. Ses doigts parcourent les pages, caressent les mots de ses deux grandes orbes noisette, mais elle ne l’atteint qu’à moitié, ce savoir ancestral. Il a été balayé par le temps et la poussière et elle doit bien être la seule à tenter de le récupérer, persuadée qu’il y a plus dans ces vieux bouquins qu’il n’y aura jamais dans ceux que l’on trouve, neuf, sur le chemin de traverse. Hors, les années l’ont effacé à moitié et c’est un véritable parcours du combattant pour en reformer les lettres, les syllabes, les mots, les phrases. Ainsi, elle ne voit plus le temps qui passe, qui court, elle se plonge dans un énième univers et elle s’y perd.

Freya est passionnée par le savoir – elle est naturellement curieuse et appliquée, tournant avec délicatesse les fines pages d’un grimoire. Elle recherche les mots, les sigles, et quand quelque chose lui paraît étranger mais intéressant, elle l’énonce à haute-voix. Sa plume à papote, qu’elle a dressée durant l’été de sa huitième année pour qu’elle grave les feuilles de la même façon qu’elle, le note sur un parchemin vierge à son tour. Et quand, à la fin de la journée, elle retrouve le chemin de la bibliothèque, elle entreprend des recherches plus poussées sur ces quelques dessins sans significations et sans avenir. Elle aime la recherche, elle aime le savoir qui dégouline de ces quelques livres entrouverts sur une table en vieux chêne. Elle aime passer des heures à tenter de déchiffrer ces vieux mots sans intérêts pour beaucoup, dont Tommen qui l’observe toujours avec un sourire amusé. Il est doué, Black, il est doué dans ce qu’il fait et il se débrouille pour garder la tête hors de l’eau. Il est une sorte de génie moderne qui préfère l’anarchie, et qui pense pouvoir atteindre la liberté de penser. Mais il est enchaîné à sa famille, à son être, au personnage qu’il s’est collé à la peau. Il est intelligent, Tommen, mais il refuse de faire des efforts et ça agace profondément Freya. Après tout, pourquoi se contenter du juste milieu quand l’on pourrait être le meilleur ? Elle n’en discute jamais avec lui, pourtant – d’abord parce qu’il aurait bien deux trois arguments stupides à lui vendre qu’elle ne pourrait pas contrer, et ensuite car il n’a aucune envie d’en discuter. Et quand Tommen Black ne veut pas, Tommen Black ne fait pas.

Elle referme avec douceur le livre qu’elle lisait et jette un coup d’œil à la vielle pendule qui trône fièrement au-dessus de la porte. Elle a encore le temps pour un second ouvrage, et se redresse rapidement avec le livre entre les mains pour le ranger. Vient ensuite l’instant décisif – ses yeux parcourent avec intérêt les rangées et elle attend le déclic, l’instant précis où elle tombera amoureuse du vieux cuir d’un livre, ou du titre accrocheur. Parfois, c’est simplement une question de toucher – elle glisse ses doigts sur les petites merveilles et elle devient folle de la douceur de l’un tout en étant complètement repoussée par la dureté d’un autre. Mais elle n’a pas le temps de finir son manège qu’un déclic se fait entendre. Elle ne s’en inquiète pas plus que ça : si un professeur pénètre dans la pièce, elle donnera la seconde raison de sa présence – les livres. Et si c’est Tommen, alors, elle n’a pas à s’inquiéter. Elle a les yeux rivés sur un libre en cuir rouge qui lui fait de l’œil quand la voix grave de Black résonne. « Je te demande de m'excuser, j'étais avec notre directeur et j'ai reçu la permission d'ouvrir le recrutement pour le Quidditch ! » Immédiatement, ses lèvres esquissent un sourire idiot, parce qu’il est là et que cela fait un bien fou. Elle a beau comprendre à quel point c’est important de se cacher, elle est bien la seule des trois à devoir faire attention à qui elle fréquente. Tommen ne s’est jamais montré particulièrement jaloux mais elle est intimement persuadée qu’avoir un peu trop d’amis masculins l’agaceraient profondément. Elle n’a pas non plus la chance de pouvoir discuter avec n’importe qui – Freya n’est pas une grande menteuse et la déclaration se ferait bien trop vite pour qu’elle n’ait le temps de la rattraper. En somme, la situation la pèse énormément car elle ne supporte pas les mensonges. Elle n’aime pas non plus la mine défaite de sa mère quand elle lui apprend chaque année que personne n’a fait chavirer son cœur. Freya, elle sait que sa mère est tombée dans les bras de son père à Poudlard et ils ne s’étaient jamais quitté avant qu’il ne meurt. Elle sait à quel point c’est important et cela lui brise toujours plus le cœur de voir une ombre passer dans son regard. Elle aimerait lui faire plaisir mais elle ne peut pas, et cette simple idée la rend malade.

« Tu gardes Melisandre dans l’équipe ? » demande-t-elle avec douceur, alors qu’il s’approche d’elle. Il n’y a pas besoin de mot ni de regard pour savoir qu’il vient la prendre dans ses bras et elle s’y cache avec plaisir. Elle aime cette sensation de ne plus vraiment appartenir au monde – de n’être qu’avec lui, qu’à lui, entouré de poussières et de vieux livres. Ce n’est certes pas aussi romantique qu’une balade main dans la main dans le parc aux yeux de tous, mais cela convient parfaitement à Freya. Elle n’a jamais vraiment aimé les contes de fée, de toute façon. Elle le serre contre elle et appuie sa tête contre son torse, retenant de justesse le soupir de contentement qui frôle ses lèvres. C’est toujours plus difficile d’attendre le prochain rendez-vous, toujours plus compliqué de le voir au bras de Mélisandre quand elle doit se contenter de jouer dans l’ombre. Elle ne craint pas sa meilleure amie, loin de là, mais la jalousie est un vilain défaut que Freya ne vaincra pas.
Tommen finit par se reculer et elle n’attend pas bien longtemps pour lui adresser un sourire léger, alors qu’il vient replacer une de ses mèches brunes derrière son oreille. Elle n’a même pas pensé à l’apparence qu’elle doit avoir, les doigts pleins d’encre, les cheveux décoiffés et sans doute de la poussière jusque sur le bout du nez. Freya n’a jamais été très friande des apparences mais elle est tout de même concernée par le syndrome de la petite-amie qui veut que l’on soit toujours désirable pour l’autre. « Pas besoin de me garder de place dans l’équipe, au fait. » chuchote-t-elle avec amusement – tout le monde sait que Potter n’a aucune chance sur un balais. Sa famille est la plus grande productrice de balais de l’Angleterre et elle, elle est incapable de tenir sur un de ces foutus objets. Ça l’agace énormément mais elle sait qu’elle ne retentera jamais l’expérience ; son bras cassé lui avait servi de leçon. Mais elle n’y pense pas, à ce foutu bras. Elle ne pense pas non plus aux livres, à Poudlard, à Mélisandre ou à quoi que ce soit autre que Tommen s’approchant d’elle pour l’embrasser.
Elle est mise sur pause.
Il trouve le chemin jusqu’à ses lèvres sans aucun soucis et y dépose un baiser léger, presque trop. Elle y répond sans se poser de question, comme un automate avec tout de même une ferveur et une douceur qu’un pantin ne possèderait pas. Il y a toujours des millions de choses qui se débloquent, qui cessent de grincer, qui retrouvent leur place dans la poitrine de Freya quand il l’embrasse. C’est vachement niaiseux de penser ça, elle le sait, mais c’est exactement ce qui arrive – Tommen est le boulon manquant de la poupée qu’elle est. Elle incarne d’une danseuse qui tourne, tourne, passe son existence à tourner dans le mauvais sens et par miracle, d’un baiser, d’un contact, de quelques mots, il la fait prendre le bon chemin. Et tourner prend tout son sens, alors.
« Comment vas-tu ? » il demande finalement de cette même voix qu’elle reconnaîtrait partout. Elle vient glisser ses mains derrière sa nuque, s’accrochant doucement à lui en réfléchissant à la question. Elle se demande toujours comment il peut la faire hésiter sur des questions aussi élémentaires. Mais elle ne peut décemment pas lui répondre bien, comme une enfant qui ne trouve pas les mots. Elle ne peut pas non plus répondre, mal,  car quand bien cela aurait été vrai, une fois dans ses bras, elle ne peut être qu’heureuse. Les réponses se dessinent les unes après les autres dans son esprit avant que ses lèvres ne s’entrouvrent pour parler de cette même voix mesurée et enjouée qui n’appartient qu’à elle. « Je vais très bien, merci. J’ai pu lire deux livres avant que tu n’arrives… Il y en avait un sur la potion tue-loup, et l’autre sur les métamorphomages. C’était intéressant, tu devrais les… Ah non, peut-être pas. Et toi, comment tu vas ? » elle se perd dans sa réponse et pouffe doucement, la tête contre son épaule, en imaginant Tommen devant des livres. Cette simple idée n’est pas réaliste, et ça l’amuse visiblement beaucoup. Les yeux brillants, elle relève néanmoins la tête vers lui, moqueuse, quand il observe sa poitrine. Elle s’apprête à le frapper derrière la tête quand elle comprend enfin qu’il ne fixe pas cette partie de son anatomie, mais bien son insigne de préfète dont elle n’est pas peu fière.
Elle le savait avant de rentrer à Poudlard puisqu’elle a reçu son insigne pendant les grandes vacances. Elle ne l’avait pas encore glissé sur sa robe de peur d’être trop prétentieuse mais elle a profité de cette journée calme pour s’habituer aux pouvoirs qui lui sont conférés. Elle adore la responsabilité qu’on lui offre et la confiance que ce geste témoigne. Et si Melisandre s’est bien moquée d’elle quand elle lui a annoncé qu’elle était très excitée de commencer ses devoirs de préfète des lions, elle n’en reste pas moins fière. « Dois-je craindre des sanctions maintenant ? Vas-tu me... Punir ? » Il arque un sourcil, signifiant bien que c’est une question, et elle fait de même, étonnée qu’il lui demande cela, de cette même voix grave. L’ironie qui se cache derrière un semblant de sérieux, Freya ne met pas bien longtemps à la reconnaître. Elle connaît Tommen bien mieux qu’elle ne se connaît elle-même, quel que soit le masque qu’il ne décide de porter. « Peut-être bien. » lance-t-elle, amusée, en se rapprochant plus de lui encore. Elle est légèrement plus petite et elle doit lever les yeux pour l’apercevoir mais cela ne l’embête pas réellement. « Si tu fais l’imbécile, je ne me gênerais pas pour demander à que qu’on te retire des points. » Le pire dans ces quelques mots chuchotés avec humour et légèreté, c’est qu’elle est parfaitement sérieuse. Elle n’hésitera pas à punir ses amis et sa maison s’ils font des âneries, tout particulièrement Tommen. Puis, elle ne perd pas espoir de le rendre plus responsable. Elle ne veut pas le changer et ne compte pas le faire travailler d’arrache-pied, elle l’aime tel qu’il est, aussi idiot soit-il. Mais elle sait qu’il peut se prendre en main et cesser de se comporter comme un première année. Ça, ce comportement enfantin, ce n’est pas lui, ce n’est qu’un masque qu’elle l’a vu porter depuis toujours et qui ne lui va pas. Elle sait qu’il aime faire des blagues et elle aime le voir en faire, pour être honnête. Mais lancer un sort à un Poufsouffle parce qu’il a eu le malheur de gagner, ce n’est clairement pas la personne qu’il est. Freya en est persuadée. « Tu vas donc devoir être très très gentil avec moi. » elle souffle tout contre ses lèvres, visiblement prête à le convaincre qu’un traitement de faveur serait à discuter si seulement il acceptait ce marché silencieux.


my skin has turned to porcelain, to ivory, to steel.  w/ george r. r. martin.  
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MessageSujet: Re: our love in their blood (f) Mer 26 Aoû - 15:13


Personne n'aurait cru que Black et Potter finiraient ensemble. Personne et surtout pas eux. Ils ne s'étaient jamais entendus et ceci, dès leur premier jour. Black n'avait pas hésité à se pavaner avec Blaise dans les couloirs et avait lancé un maléfice de jambencoton à un élève de serpentard sous prétexte que les deux maisons étaient en guerre depuis des années. Cela n'avait pas manqué à Freya qui avait lancé le sort oppugno sur Black qui s'était retrouvé harcelé pendant plus d'une heure par une armée d'oiseaux qui picoraient sur sa tête. Cette guerre avait duré longtemps et pourtant à chaque fois que l'un provoquait l'autre, il y avait une sorte de rapprochement, une alchimie qui s'était créée jusqu'à ce que Black décide d'avoir l'idée du siècle, c'est-à-dire de ne cesser de demander à Potter si elle voulait sortir avec lui. Pourquoi cette soudaine idée ? Tommen ne l'avait avoué à personne, pas même à sa petite amie, mais elle lui avait toujours tapé dans l'oeil. Il avait tout chez elle. Ses boucles noires, la couleur de ses iris qui était difficilement définissable. Un savant mélange entre le marron et le gris. Parfois même, quand les rayons frappaient le visage de Freya, on pouvait remarquer des reflets bleutés dans ses yeux, comme une étincelle naissante qui ne demandait qu'à s'exprimer. Ainsi, Freya était tout cela à la fois, la bonté, la colère, la loyauté, la méfiance. Elle avait réussi à faire tourner la tête de Black, mais pour lui, ça avait été difficile de la conquérir. Le sorcier avait été forcé de faire un gros effort sur sa personnalité, de s'ouvrir à elle, chose difficile quand la seule autre personne qui le connaissait si bien était sa jumelle. Avec le temps, Tommen avait appris à être honnête, à montrer à Freya qu'il était autre chose qu'un gamin capricieux et égoïste. Alors pourquoi et comment une si belle histoire d'amour, plein de guimauve et de rose était gâchée ? Par un nom que Tommen avait toujours eu du mal à porter. Black. Ils étaient un combat qu'il ne voulait pas livrer, à l'inverse de Freya qui, toutes armes dehors, les brandissaient contre les injustices. Ce sujet les divisait, autant que le couple qu'il devait former en apparence avec Melisandre. Tels des funambules, ils marchaient sur un fil et le moindre faux pas, souffle d'un vent froid et lointain allaient les faire flancher, tomber dans le gouffre sans fin. Alors pour faire taire Freya à ce sujet, son petit-ami l'embrassait à la moindre occasion. Des baisers pour couvrir un feu qui ne demandait qu'à s'embraser. Une solution qui semblait bien lâche, mais une lâcheté douce et tendre, comme le goût d'un baiser.

En traversant cette porte, Tommen savait que le temps leur était compté et il refusait de le perdre à parler de rien. Il voulait en profiter, car les moments partagés devenaient bien trop rare selon lui. « Tu gardes Melisandre dans l’équipe ? » demanda-t-elle alors qu'il approchait à grands pas. L'intéressé ne répondit pas sur le moment, il se contenta d'enlacer Freya dans ses bras, comme pour la protéger du monde extérieur, être simplement avec elle. Lui, elle, Black, Potter, noir, blanc, le monde pouvait cesser de tourner, cela n'avait fichtrement aucune importance. « Bien sûr. Elle est plus douée avec une batte qu'avec un garçon et tu sais comment les batteurs de Poufsouffle l'appellent ? Brise-Boules. Je trouve cela assez... Comique » répondit enfin Tommen dans un léger ricanement. Ces rares moments étaient une bénédiction, un apaisement dans la vie tourmentée du garçon. Il resserra l'étreinte un peu plus et glissa une main sur la nuque de Freya qu'il caressa du bout des doigts un instant. « Pas besoin de me garder de place dans l’équipe, au fait. » Cette phrase fit sourire le sorcier qui ne connaissait que trop bien la faiblesse de son amie pour voler sur un balai. Un jeu du sort assez ironique quand on savait le nom qu'elle portait. « Ce n'est pas grave, je préfère te garder toute entière et rien que pour moi... » susurra-t-il dans son oreille, non sans une pointe taquine et presque provocatrice. Le baiser qu'ils échangèrent était chaud et passionné. Tommen n'avait pas envie de décrocher de ses lèvres et il fit tout pour les conserver entre les siennes, carnassier. Tout son corps réclamait Freya. Elle était le fruit défendu, l'interdiction et c'est peut-être pour cela que c'était elle et pas une autre, mais il devait se contrôler, même si c'était difficile. « Je vais très bien, merci. J’ai pu lire deux livres avant que tu n’arrives… Il y en avait un sur la potion tue-loup, et l’autre sur les métamorphomages. C’était intéressant, tu devrais les… Ah non, peut-être pas. Et toi, comment tu vas ? » il lui répondit sans attendre « Je vais bien aussi, tu sais, je vais toujours moi ». Le sujet de la conversation dériva sur l'insigne qui trônait fièrement sur la robe de sa petite-amie. Tommen approcha son visage et observa l'objet avec une réelle envie. Il était envieux, mais non jaloux. Il savait que ce n'était pas pour lui et il était heureux pour Freya, vraiment. Il détailla du bout des doigts l'insigne, le P entouré par un petit lion pour rappeler la maison qu'elle représentait. Enfin, il lui demanda sur un ton sérieux, mais tout ironique à la fois, s'il devait craindre d'être puni. « Peut-être bien. » Tommen se redressa et arqua un sourcil, son visage éternel d'un joueur. « Si tu fais l’imbécile, je ne me gênerais pas pour demander à que qu’on te retire des points. » Il la dévisagea presque, mais un sourire amusé trahissait le sérieux sur son visage. Tommen recula en conservant sa petite-amie dans ses bras. Il s’essaya sur un pupitre. Il posa ses mains sur les hanches de Freya et l'écouta avec attention. « Tu vas donc devoir être très très gentil avec moi. » Le garçon la dévisagea presque avant de l'approcher de son torse. « Gentil comment ? » demanda le sorcier d'un air faussement penaud, puis, il approcha ses lèvres des siennes et l'embrassa encore. Le baiser était plus passionné et sauvage cette fois, nettement moins... Innocent. On aurait dit que Tommen cherchait à la dévorer, à lui mordre les lèvres et à la défier. Il resserra l'étreinte avant de reculer le visage et de croiser son visage pour l'embrasser le long du cou. Le goût de sa peau était à la fois salé et acidulé. Tommen mordit parfois quelques parcelles avant de descendre le long de son épaule et d'arrêter à la limite du col de sa chemise qui avait marqué la frontière. « Gentil comme ça ? » interrogea-t-il d'une voix minaude en posant ses yeux brûlants sur les siens. La provocation était la seconde nature du jeune Black. Il aimait jouer avec cela, comme un marionnettiste avec ses pantins. Le garçon taquinait sa petite-amie d'une manière douce et à la fois, subtile, comme il avait si bien le secret. « Je peux être encore plus gentil, mais... Il nous faudrait plus de temps pour ça » lança-t-il de sa voix rauque et plein de sous-entendus qui n'aurait pas du prononcer, mais qu'il fit. Tommen était le chaud et le froid à la fois, la fusion entre l'eau et le feu, complètement imprévisible.



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⊱ PATRONUS : son patronus lui est inconnu, car rien ne sort encore de sa baguette. ce n'est qu'une forme vague dont les contours sont indéchiffrables. mais l'échec n'a pas eu raison de sa détermination et elle a juré d'y arriver.

MessageSujet: Re: our love in their blood (f) Mer 26 Aoû - 21:31

Ils ne sont pas faits pour être ensemble, ils ne l'ont jamais été. Ils sont de ces éléments que l'on ne peut associer, même par la force des choses. Ils sont deux aimants qui ne s'attirent pas, jamais, qui se repoussent de la plus violente des façons avec la plus grande véhémence parce qu'ils sont terrifiés à l'idée de s'accrocher l'un à l'autre. Ils ont peur, ça leur retourne l'estomac et ça leur casse les côtes, la peur, la peur du monde extérieur et d'eux-même, ensemble, séparés, amoureux, déglingués. Freya est persuadée que tout cela n'est pas terminé, que cette terreur se terre quelque part dans la poitrine du garçon comme elle se cache dans la sienne. Ils se repoussent toujours, en secret, en silence. Il tient Melisandre par la taille pour faire bonne figure et Freya recule, recule, tombe dans un trou sans fond qui n'a pas le goût de la jalousie mais celui de la vérité et elle comprend bien trop tard que le grand garçon qui lui fait face et qui la protège du monde est un môme terrifié à l'idée de perdre son plus beau jouet. Il y a dans cette vision de Tommen quelque chose d'amer et délicieux à la fois - cette opposition d'idée d'abord impossible qui prend tout son sens quand elle la retourne pas deux fois pour y voir plus clair.

Elle l'aime. Elle l'a compris par la force des choses, alors qu'il répétait inlassablement la même demande. Elle a assimilé cet état de fait - celui de vouloir irrépressiblement être avec lui - quand elle ne s'agaçait plus de l'entendre lui demander de sortir avec lui, mais quand elle désirait ardemment sentir ses quelques mots couler sur sa peau comme le plus doux des baisers. Ce n'était rien, alors, qu'un caprice de gosse. Black voulait Potter et Potter fuyait ces avances aux allures de pièges. Puis cela a changé, elle l'a embrassé et quelque chose s'est réveillé en elle - comme si elle l'avait fait taire depuis le commencement, oubliant que cet air taquin et ses cheveux sombres lui avaient donné le tournis avant même de l'énerver. Les jours ont défilé, les mois se sont laissés tomber sur cette relation avortée qu'ils ne pensaient pas voir durer et comme deux idiots, ils sont tombés amoureux par association d'idées. Freya est tombée en le voyant main dans la main avec Melisandre pour quelques douces minutes d'agonie, persuadant un Malfoy qui passait par là. Elle a pensé à sa main dans la sienne et en a de suite aimé l'idée sans comprendre que c'était plus malsain encore que de se cacher. Freya est tombée encore en entendant les gens parler du couple improbable. Que les commentaires soient négatifs ou positifs, elle en a appréciés la véracité et elle aurait aimé qu'elle aussi, on la félicite d'avoir rangé cet idiot de Tommen.

Il y a une réalité absurde qui se camoufle sous tous ces faits - Freya est désespérément jalouse de Melisandre. Elle n'est pas jalouse de les voir se toucher ou mimer un amour presque convenable, non, elle est jalouse de cette liberté qu'elle détient, de ce semblant de paix qu'elle garde avec elle. Freya est tiraillée entre ses sentiments beaucoup trop forts pour Tommen qui l'empêchent bien évidemment de rompre la promesse, et l'obligent à se cacher. Et son envie irrépressible de se détacher de l'affreux mensonge qui se glisse sous sa peau comme un horrible serpent. Elle déteste les mensonges, Freya - elle ne sait pas s'y prendre avec eux, elle ne sait pas comment faire pour leur donner un visage réel car ils ne sont que spéculations. Melisandre lui a dit que les mensonges deviennent réalité quand on les croit, mais comment pourrait-elle mimer cela? Comment arriverait-elle simplement à imaginer sa meilleure amie dans les bras de son pseudo petit-ami sans devenir folle? Freya est sans nul doute celle qui supporte le moins cette situation. Elle aimerait que cela ne soit pas le cas - elle aimerait ne pas se redresser vivement à l'entente du prénom de Tommen et ne pas rougir de gêne en remarquant son propre comportement. Elle aimerait ne pas sentir son coeur battre plus vite en le voyant, et par merlin, elle adorerait faire taire la jalousie dans sa poitrine qui hurle bien trop fort parfois. Mais Freya est un condensé d'émotions pures, elle est une palette aux couleurs flamboyantes et il est inutile de la dessiner de noir et de blanc - elle est verte, rouge, jaune, elle est soleil brûlant et mer agitée.
Elle n'est pas une menteuse.

Pourtant, elle fait avec et elle s'est améliorée - elle arrive à présent à ne plus pester et elle survit à la pression que lui impose les rendez-vous secrets et les études. Elle fait comme elle peut et loyale, elle tient sa parole tout en lui chuchotant, encore, tout bas, qu'elle aimerait que cela soit différent. Même si elle comprend à présent que cela ne le sera pas. Elle s'est destinée à vivre cela encore longtemps, et tente de ne pas penser à ce que demain sera fait, quand ils quitteront les bancs de l'école. Elle oublie, comme le lui demande Tommen, et elle l'embrasse, car elle sait que c'est la seule chose réelle dans cette histoire. Elle l'aime. Et quelque part, c'est aussi cela qui l'empêche de partir à la dérive.

Il la maintient dans ses bras comme s'il souhaitait la couper du monde et la protéger. A cet instant précis, elle se sent fragile et toute petite et elle sait qu'elle peut compter sur lui alors ses épaules se détendent et elle se presse contre son corps sans même chercher à instaurer un semblant de dignité. Elle ne l'a pour qu'elle que trente minutes, elle compte bien en profiter, quitte à paraître facile sur l'instant, elle veut juste se cacher dans ses bras. « Bien sûr. Elle est plus douée avec une batte qu'avec un garçon et tu sais comment les batteurs de Poufsouffle l'appellent ? Brise-Boules. Je trouve cela assez... Comique » Si Tommen se contente d'un ricanement, Freya éclate de rire. Elle n'a jamais été très douée en Quidditch, au plus grand damne de sa famille, et n'a jamais voulu apprendre les règles d'un jeu qui l'effrayait - Après sa chute, Potter a développé une peur terrible des hauteurs et personne n'a jamais voulu l'en débarrasser. Ainsi, elle passe la plupart des matchs de quidditch les yeux cachés derrière son écharpe aux couleurs de sa maison en priant Merlin pour que personne ne meurt. Elle n'a donc aucune idée de quoi il parle, mais elle se doute que c'est tout à fait quelque chose que ferait Meli. « Ça ne m'étonne même pas d'elle. » Le rire disparaît mais laisse sur son passage un sourire léger aux allures de bonheur, alors qu'il resserre ses bras autour d'elle. Son toucher est étrangement doux pour son caractère et sa façon de se tenir mais ce n'est pas Freya qui s'en plaindra, bien au contraire.

« Ce n'est pas grave, je préfère te garder toute entière et rien que pour moi... » Elle hausse un sourcil avec un sourire amusé, alors qu'il chuchote ces quelques mots à son oreille. Elle sait qu'à cet instant, elle se mord la lèvre comme une adolescente qui découvre les joies de l'amour et elle s'agace elle-même de sa mièvrerie, mais elle a fini par comprendre que les mots de Tommen lui feront toujours cet effet et qu'elle ne pourra pas éternellement se battre contre ses sourires idiots et ses battements de cils. « Tu es vachement égoïste, tu sais. » Et il l'embrasse - il marque sa propriété, il lui rappelle que tout cela est vrai. C'est doux, c'est léger, ça sent la promesse d'un bel avenir et comme toujours, Freya tombe les deux pieds dedans. Elle a beau se morigéner à chaque fois, il suffit qu'il l'embrasse pour qu'elle comprenne sa décision et qu'elle l'accepte, il suffit d'un contact pour que ses résolutions tombent à l'eau et qu'elle ne se remette à tourner, encore et encore. Et elle a beau tourner dans le même sens, la poupée, elle reste enfermée dans son habitude. Et Tommen ne la libère pas - il l'enferme encore plus en la persuadant du contraire. Mais elle s'en fiche, par merlin qu'elle s'en fiche, tant qu'il continue de l'embrasser.

« Je vais bien aussi, tu sais, je vais toujours moi » Elle a envie de lui dire, bien sûr que je sais, je te vois, je te connais, et cela ne va pas toujours. T'es comme nous, Tommen, t'es comme nous. Et des fois, tu tombes, tu tombes tellement fort que t'es tout retourné et tu pleures pas, non, bien sûr que non, mais tu penses. Ça t'enlève le sommeil et ça te coupe l’appétit. Et le bruit de ta chute résonne, résonne, résonne encore. T'es comme nous, Tommen, et des fois, tu vacilles. Mais c'est pas grave, elle a envie de lui dire, c'est pas grave parce qu'on sera toujours là. « Je sais. » elle chuchote contre ses lèvres, tout simplement. Et elle laisse la conversation filer vers l'insigne de préfète qui trône fièrement sur sa poitrine, il lui demande si elle va le punir et elle hoche la tête, à demi-sérieuse et hilare. Il n'y croit pas - il se redresse et hausse un sourcil, étonné qu'elle puisse ne serait-ce que penser à le mettre au même niveau que les autres. Il s'en doute, pourtant, ça se voit à son air joueur. Il y a une lueur d'amusement qui trahit son sérieux, parce que c'est Tommen, et Tommen n'est jamais sérieux. Black fait quelques pas en arrière et se pose sur un pupitre en emmenant Freya dans son sillon - il glisse ses doigts sur hanches et l'approche doucement de lui avant de demander; « Gentil comment ? »

Et il l'embrasse, encore, il envoie valser l'innocence du premier baiser pour peindre celui-ci de rouge écarlate et d'orange profond. Elle a l'impression d'être l'oxygène, là, l'oxygène et il l'embrasse si fort - il meurt de respirer encore, encore, encore. Il est tellement, tellement proche qu'elle en vacille, mais elle tien bon, et elle l'embrasse aussi. Et l'espace d'un instant infime, elle a envie d'être avec lui, contre lui, elle a envie de passer le pas et de ne faire plus qu'un avec lui. Elle a envie d'envoyer valser les convenances, ses parents, l'école, elle a juste envie d'être avec lui, sans rien entre eux pour les séparer. Elle l'embrasse au-delà des promesses. Elle l'embrasse au-delà des mensonges. Elle l'embrasse au-delà des mots. Ils ne sont que deux corps animés par l'envie de s'aimer simplement, facilement, ils ponctuent cela d'un baiser. D'un baiser sucré. Mais l'instant magique se termine, et elle reprend son souffle, alors qu'il n'en a pas terminé. Il joue. Il met ses pieds sur une ligne que Freya n'a pas envie de franchir et ne franchira pas avant d'être sûre, avant d'avoir réfléchi, car elle est comme ça, elle doit penser à tout et planifier l'implanifiable. Qu'importe l'envie qui la parcoure à cet instant, elle n'est pas prête. Il vient poser ses lèvres sur son cou et elle sent qu'elle penche imperceptiblement la tête pour lui laisser le champs libre, qu'importe qu'elle lutte, il est bien plus fort à ce jeu qu'elle. « Gentil comme ça ? » Et elle sait qu'elle est parcourue de frissons, que bien sûr, elle a envie qu'il soit gentil comme cela, mais elle ne dit rien, elle pince les lèvres et ferme les yeux quelques secondes pour savourer l'instant volé.
Dans quelques secondes, elle le repoussera comme à chaque fois, quelque soit son excuse.

Freya et Tommen en parlent rarement mais le garçon trouve toujours le moyen de la faire douter. Elle prétexte souvent qu'elle n'en a pas envie, pas dans ses conditions, pas avec une course contre la montre, et dès l'instant d'après, elle se retrouve à quémander plus de baisers, à vaincre la distance entre eux, à dévorer ses lèvres en quête du souffle de vie. Elle sait qu'elle se contredit, tout en sachant que ce n'est pas l'envie qui l'arrête, mais bien la peur. Elle ne veut pas lui donner quelque chose qu'elle ne pourrait pas récupérer alors qu'elle n'est pas réellement sûre de ses intentions. Parfois, elle s'imagine que c'est simplement son but final et qu'il en profitera pour lui briser le cœur et ça, ça la rend malade. Elle sait que ce n'est pas vrai, pas après un an, mais la perspective de le voir lui échapper lui coupe le souffle et la laisse pantelante et elle hait cette sensation tellement, tellement fort. Elle l'aime et d'une certaine façon, elle n'est pas sûre que ce soit réciproque - pas tant qu'ils se cacheront dans des salles de classe. Alors elle ne veut pas aller à l'encontre de sa promesse à Tommen, et elle espère bien qu'il ne passera pas la limite en échange. C'est tout ce qu'elle demande, alors qu'elle voudrait bien plus, parfois. « Je peux être encore plus gentil, mais... Il nous faudrait plus de temps pour ça » Elle hoche la tête et se pince les lèvres une nouvelle fois avant de laisser ses bras retomber doucement sur son torse. Un jour, tout ira bien, elle le sait, mais elle désespère de voir ce jour arriver et elle a tellement tellement tellement peur que quelque chose détruise le peu qu'ils ont su construire... « C'est suffisant... Et ... » Elle hésite, puis soupire doucement en relevant les yeux vers lui, les joues rouges - elle va dire quelque chose qui risque de l'agacer et elle le sait d'avance. Ils ont chacun leur façon de balancer leurs cartes sur la table, chacun leur approche du problème. Chacun joue, et malheureusement, Freya n'a pas sa subtilité. « Pour le temps, je te rappelle que c'est ta faute. » Elle a cependant l'art de reposer la faute sur lui alors que, même s'ils avaient eu le temps, elle ne l'aurait clairement pas laissé être plus gentil encore. Parce qu'elle n'est pas prête. « Parfois, je voudrais juste qu'on s'enferme quelque part et qu'on en sorte jamais... » Elle avoue, défaite, les yeux baissés.
Et la poupée se remet à tourner, tourner, tourner, inversée avec le monde entier.

Elle vient glisser un baiser sucré sur sa joue avec un sourire confiant. Elle balaie les doutes à coup de mensonges, parce que celui-ci, elle y croit désespérément. C'est elle qu'elle doit rassurer mais c'est pour lui qu'elle sourit, persuadée qu'il n'est pas aussi impartial sur la situation qu'il n'en a l'air. Dans sa poitrine, il y a son cœur qui bat la chamade, et dans ses yeux, il doit bien y avoir une centaine d'étoiles qui se disputent alors qu'elle l'observe avec douceur. C'est elle, la poupée de porcelaine, mais elle a toujours peur de mal faire avec lui. Elle le connaît mais elle s'y perd, dans ce qu'il est et dans ce qu'il n'est pas et parfois, elle a peur de tout briser de quelques mots mal placés. Elle sait, pourtant, qu'il ne lui en voudrait pas pour si peu, parce qu'il sait, il la connaît, mais elle se doute que lui aussi, il ne doit pas savoir parfois. Et si tout tombait en morceaux à cause d'un quiproquo? Les doutes. Les doutes s'insinuent partout et ont des dizaines de visages. « Comment va ta soeur? » elle demande. Elle la voit souvent puisqu'elles sont de la même année mais Freya ne l'a pas aperçue aujourd'hui et elle sait qu'elle sa part d'importance - peut-être est-elle même la plus importante - dans l'histoire de Tommen. Alors Potter aime s'y intéresser, demander, elle aime lui poser des questions qui paraissent anodines mais qu'elle lui poserait tout aussi systématiquement s'ils étaient main dans la main dans la grande salle. Ce sont des questions qui ont leur importance, chacune à leur façon, et Freya aime les poser. La curiosité est un de ses défauts qui peut parfois être qualité, tout comme le côté taquin que possède Black.

Ses mains glissent encore - elles s'appuient un instant sur son torse pour venir caresser le long de ses épaules et échouer contre ses bras, avant de poser délicatement ses mains dans les siennes et d'entrelacer leurs doigts. Une seconde, elle garde les yeux rivés sur cette position, et le même sourire idiot incurve sur ses lèvres avant qu'elle ne relève les yeux vers lui, et qu'elle ne l'embrasse d'elle-même. Elle le fait rarement, Tommen s'en occupe très bien tout seul. Mais cette fois, elle ne l'attend pas et leur échange est beaucoup plus doux, plus significatif. Elle y glisse quelques mots inavoués, quelque souvenirs éparpillés, elle y laisse des émotions sucrées et des promesses inachevées. Elle aime la profondeur que prend l'instant, la véracité dont il se pare comme le plus beau des joyaux. Elle serre ses doigts entre les siens, et elle a enfin l'impression que plus n'existe autour d'eux, parce qu'il est tellement proche. Black et Potter. C'est tout, elle ne voit plus les mensonges et les familles, elle ne voit plus les amis et les ennemis. Il n'y a plus qu'elle et plus que lui, et il est tellement proche qu'elle peut à peine entendre son coeur battre sans entendre le sien aussi. Elle est faite de coton - elle ne sent plus ses jambes et il est tellement proche. Elle ne sent plus la poussière des murs, elle oublie les livres, les parchemins, le savoir, elle ne sent plus la magie de Poudlard et elle n'entend plus les cris lointains dans les couloirs. Tout ce qu'elle sent, c'est lui, là, juste devant elle.
C'est eux. Ensemble.


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⊱ SANG SORCIER : de sang-pur, mais il s'en moque.
⊱ SCOLARITÉ : élève de dixième année suivant le parcours des soins magiques dans le but de devenir un futur guérisseur (master, deuxième année).
⊱ CLUBS ET DISCIPLINE : capitaine et gardien de l'équipe de quidditch, joueur d'échecs vindicatif et duelliste émérite.
⊱ BAGUETTE : taillée dans le bois d'un vieux houx, elle contient en son coeur une moustache de fléreur et mesure près de vingt-neuf centimètres trois quart. Parfaitement rigide, elle est dit-on, prédisposée aux sortilèges informulés.
⊱ PATRONUS : c'est un noble bélier.

MessageSujet: Re: our love in their blood (f) Jeu 27 Aoû - 17:48


Serre ma main et surtout, ne la lâche pas, s'il te plaît.
Des mots qui résonnaient encore aux oreilles du jeune Black. Une peur sans nom qui le hantait depuis trop longtemps. C'était une peur qui saisissait les entrailles, qui entaillait la chaire et qui imprégnait Tommen à l'intérieur de lui-même. Il n'avait pas réussi à lui donner de nom et en vérité, il ne voulait pas. Donner un nom à une peur était lui donner un visage, une entité, une vie. Il s'y refusait et préférait la cacher au plus profond de lui-même. Lâche et égoïste, sûrement et souvent, Tommen pensait qu'il n'avait pas sa place dans la maison du lion, qu'il y avait été pour défier les siens, mais qu'au fond, il était une vipère, une de celles qui crache son venin quand on s'y attend le moins. Cette peur lui gâchait constamment la vie et quand il était encore petit, il se retrouvait souvent dans le lit de sa jumelle pour lui demander simplement de tenir sa main et de ne pas la lâcher. Lyra pouvait le calmer, faire taire ce monstre en lui, ce sans-visage. Mais tous les boucliers peuvent se fissurer. Lyra avait été cassée en deux. Une chute du haut de son balai lors d'un match avait altéré sa mémoire. La peur de Tommen avait frappé. Une peur qu'il avait ressenti quand il avait vu le drame, incapable d'agir dans son gradin, impuissant. Sorcier ? Simplement humain. Humain. Quand Lyra était tombée, il avait vu le visage de la peur. Son nom était gravé sur ce reflet de lui-même. Enfant, le jeune Black avait longtemps pensé que sa peur était son nom, sa famille et même son père. Pour ne pas la connaître, il avait toujours esquivé le vieux bureau de son paternel et ce secrétaire qui tremblait. Un épouvantard se cachait dedans d'après sa sœur ainée qui aimait tant voir le regard effrayé de son petit frère. Tommen était un sorcier doué, un génie pour certains. Il aurait pu facilement venir à bout de cette ombre, mais il avait peur de découvrir l'odieuse vérité. Les mensonges étaient plus beaux, plus doux et surtout, vides de toutes les peurs que l'on pouvait imaginer.

C'est ton visage, ce sont tes yeux, c'est ton nez, ce sont tes lèvres.
C'est toi. Ta propre peur. Tommen.

Il avait encore mal quelque part en lui. Une douleur qu'il n'arrivait pas à faire taire et qui saignait tout le temps. Elle avait explosé le jour où Lyra était tombée et elle résonnait en un écho depuis sa liaison cachée avec Freya. Sa peur était là, affirmée, en lui, vivante. Elle était lui. Son propre reflet, seul. Tommen était un garçon qui avait peur de la solitude. Finir seul. Tout seul. Il ne supportait pas ce sentiment, savoir que personne sur cette terre n'avait besoin de lui. C'est pour ça qu'il était devenu un trouble-fait, un mauvais garçon, un voyou. Pas pour faire hurler ses parents ou se rendre intéressant, mais pour que tous les regards soient braqués sur lui, sur sa personne. Cela faisait-il de Tommen, un garçon égoïste ? Plutôt un petit enfant perdu. Mais ça, il ne le disait pas à Freya, ni à personne d'autre d'ailleurs. Lyra le savait au fond d'elle, elle le savait autrefois, mais aujourd'hui, elle ne savait plu. Tommen était seul avec sa peur et il l'étouffait dans ce comportement assuré. Qu'était Freya alors ? Sa poupée ? Non. Il refusait de penser à cela. Le jeune Black avait des sentiments pour elle, des sentiments sincères et il avait besoin d'elle. Une infirmière. Elle était sa petite-amie et celle qui pensait ses plaies. Quand elle était là, il n'était pas seul. Quand elle était là, il se sentait utile. Quand elle était là, sa peur disparaissait. Freya était son remède, sa potion. Il ne savait pas l'expliquer, c'était comme ça. Comme une évidence, une vérité implacable au même titre que le soleil qui se levait toujours à l'est pour se coucher à l'ouest. Freya apaisait son esprit sans le savoir. C'était pour ça qu'il ne pouvait pas la perdre. Quelque part, sa relation était un bouclier, encore un. Le moyen de la protéger du monde extérieure, qu'ils ne souffrent pas comme les couples normaux. Car Tommen était jaloux, possessif et vindicatif. Il n'aimait pas qu'un garçon s'approche de Freya, qu'un autre pense qu'elle lui était acquise. Il aurait été un piètre petit-ami si leur relation n'était pas cachée. Il en était persuadé. Se persuadait-il de cela par pur égoïsme et pour se rassurer ?

Le jeu du mensonge, le jeu du sort. Echec et mat.
Les baisers étaient là, les caresses aussi, mais pas plus. Freya ne voulait pas et Tommen ne l'y obligerait pas. Il y songeait, bien entendu, comme tous les jeunes hommes de son âge, mais il comprenait son amie, ou il essayait. A chaque fois que leur jeu allait trop loin, elle le faisait cesser, comme à cet instant où elle le tenait à distance et lui fit comprendre que c'était trop. Le bord de la falaise. Tommen l'aimait trop fort. Ça la dérangeait. Peut-être ? Sûrement. Aucune idée. Qu'importe. Il était avec elle, entièrement dans cette pièce et il souhaitait qu'elle le comprenne. Il n'était pas idiot, le jeune Black. Il savait que Freya acceptait cette situation burlesque, à la limite du grotesque, mais pas qu'elle y consentait. Pourquoi jouer à ce jeu ? Pourquoi le jeu du mensonge ? Tommen avait peur de montrer sa poupée au monde et que d'un souffle, le tête s'arrête, qu'on abîme sa poupée et qu'il soit de nouveau seul. Il ne pouvait pas l'avouer, il n'y parvenait pas. Alors il jouait à la provocation, au conquérant, encore un jeu, encore un mensonge. « Tu es vachement égoïste, tu sais. » fit-il remarquer. Tommen l'observa un long moment, ses prunelles sombres posées sur les siennes. Il entrouvrit les lèvres pour répondre, pour s'excuser, mais à la place, son sourire s'allongea et il pouffa de rire. « C'est pour ça que je te plais, non ? » La raison lui criait d'avouer cette peur et tout ce qu'il avait sur le coeur. La peur l'empêchait d'agir ainsi. Il n'était pas sage, Tommen Black, il était lâche et menteur. Il n'allait pas bien. Son visage disait le contraire, comme les mots qui sortaient de sa bouche, mais c'était faux. Tommen était inquiet. Il avait peur de perdre Freya définitivement avec cette mascarade et il voulait lui dire quelque chose, il essayait, mais il n'y parvenait pas. Peut-être que c'était pour cela qu'elle ne souhaitait pas aller plus loin que des baisers et des caresses ? Freya se doutait de quelque chose ? Elle pensait qu'il se servait d'elle ? Il l'ignorait, il n'osait pas lui demander, la réponse lui faisait encore une fois, peur.

Je te demande pardon.
Ces mots, il aurait tellement voulu lui dire. Tommen n'était pas un adolescent qui était amoureux. Il était un homme amoureux. Il le savait. A chaque fois que Freya était là, à côté de lui dans une pièce, mais tellement loin, il avait mal. On serrait son palpitant dans sa poitrine, une main invisible. Leur moment ici était une utopie. Protégés par des murs, ils pouvaient relâcher la pression, le poids du secret et des mensonges, toujours des mensonges. Alors c'était la danse des baisers, ici et là, des baisers farouches, des baisers doux, des baisers volés. Le temps était compté, une ennemie implacable. Mais ces rencontres devenaient de plus en plus amères pour Tommen, car sa bien-aimée lui rappelait toujours le choix qu'il avait fait. « C'est suffisant... Et ... » leurs regards se croisaient. De ses pupilles sombres, il la dévisageait presque, l'air penaud. Pas encore ce reproche, non. S'il te plaît suppliait-il intérieurement, la gorge devenue soudainement sèche. Si. La sentence tombait, implacable. « Pour le temps, je te rappelle que c'est ta faute. » Tommen était incapable de répondre. Il savait qu'elle souffrait et qu'elle voulait tout arrêter. Marcher librement à ses côtés, lui prendre la main, entrelacer ses doigts avec les siens. Tommen était lâche, égoïste, il ne la méritait pas. Les yeux baissés, il écoutait attentivement les mots prononcés par la sorcière. « Parfois, je voudrais juste qu'on s'enferme quelque part et qu'on en sorte jamais... » Les mots claquèrent dans l'esprit du jeune Black comme une claque sur la joue, comme un frisson qui parcourt l'échine. Son visage se releva vers elle et il posa ses doigts sur le menton de Freya, lui redressant et la forçant à le regarder. Elan de courage. Le chevalier voulait se dévoiler. « Je t'aime. » C'est bête. C'est idiot. Ca fait jeune amoureux incapable de se maîtriser, mais c'est tout ce qu'il trouvait à dire. Tommen marqua une pause, cherchant ses mots, essayant de les sortir des abysses de sa gorge. « Peut-être qu'on devrait tout arrêter, tout ça... Mais... J'aurai trop peur de te perdre. Je ne suis pas si brave que ça, Freya. » admit-il pour la première fois dans un soupir long.

Des promesses qui s'évaporent, voilà ce que tu lui offres.
S'il avait été un homme, un vrai, Tommen l'aurait quitté. Freya aurait été blessée, mais elle n'aurait pas souffert de cette situation. Il le savait, mais il n'en était pas capable. A chaque fois que leurs lèvres s'effleuraient, il se sentait vivant, libre. Les yeux clos, il tentait de se calmer. C'était une sensation qui ne les quittait pas. L'un comme l'autre, ils s'offraient du plaisir, pas uniquement charnel, mais plus. C'était plus. Sans nom. Pas besoin de mettre un mot sur ce qu'ils ressentaient. Mais ce sentiment était rare et le ressentir demandait trop de sacrifices. Freya posa ses lèvres sur la joue du garçon. Il se sentit apaisé. Savait-elle qu'elle l'avait blessé par ses mots cruellement véridiques ? Oui. Elle était douceur. Il était tempête. Les mains du jeune homme se resserraient autour de la taille de sa petite-amie, tandis qu'elle déposait les siennes sur son torse. Ils avaient besoin l'un de l'autre. Le cocon réconfortant, la poche protectrice. « Comment va ta soeur ? » la question est presque oubliée dans les sensations qui gagnaient les deux sorciers. Ils n'avaient parfois, pas besoin de parler pour ressentir des choses. C'était beau, c'était vrai. Pas de mensonge. Tommen ouvrit les yeux et posa son front contre celui de Freya. Sa soeur. Lyra. Elle était un tabou pour tous ceux qui ne la connaissaient pas, même pour Melisandre, même pour Blaise. Pas pour Freya. Un bref sourire apparu et disparu des lèvres du garçon. « Sa mémoire lui fait toujours défaut, mais quelques souvenirs lui reviennent, comme des brides. » Tommen était bouleversé, mais il le cachait. Il abordait son visage charmeur ou tête brûlée en général quand on parlait de choses qu'il n'aimait pas, mais pas avec Freya. Avec Freya, il était entier. Le chevalier sans arme, sans armure, le chevalier dénudé, l'homme, simplement. « Elle me manque. »

Les histoires violentes connaissent des fins violentes.
Lyra s'évapora vers d'autres cieux très vite et c'était tant mieux. Tommen n'avait pas envie d'en parler. Pas maintenant. Plus tard, toujours plus tard. C'était mieux. Et cette fois, ce fut Freya qui marqua son territoire en venant l'embrasser, mais pas d'un baiser sauvage, un baiser doux, une caresse. Tommen y répondit, sur le même ton, la même cadence. Il posa une main sur la joue de sa petite-amie, appuya ses lèvres sur les siennes. Cette saveur, le goût de Freya, il n'y avait que cela qui lui permettait d'être lui, véritablement lui. Et Tommen se laissait emporter par ce vent, par ces sentiments, implosion. Il pouvait tout oublier dans ces moments là. Il oubliait tout maintenant. Il flottait dans les airs, avec elle. Freya et Tommen, au final, c'est tout ce qui comptait, tout ce qu'il fallait retenir. Le baiser était long, tendre et doux à la fois. Une cadence moins rythmée que le précédent et c'est tant mieux. Ne me laisse pas, Freya, s'il te plaît, ne me laisse pas aimerait-il dire, mais ses lèvres sont scellées à celles de Freya et il n'avait pas envie de s'y défaire. Pas du tout. Il glissa sa main de la joue de son amie à ses cheveux qu'il caresse du bout des doigts. Il vint la serrer un peu plus contre lui, que rien ne les sépare, qu'ils puissent être libres. Toujours. Et c'est la réalité qui les rattrapa, comme un coup d'épée. La cloche se mit à sonner, l'heure du repas était venu. Tommen recula enfin le visage et observa la réaction de sa petite-amie. L'heure des adieux. Un pincement au cœur se faisait ressentir. Subtile, mais douloureux. « Et si on sautait le repas ? » il n'avait pas forcément faim et surtout, le jeune Black avait toujours de quoi grignotter dans son sac. Il déposa un baiser sur le front de Freya sans rompre la distance, ni ce lien. « Je me moque bien de ce qu'ils penseront. » Les autres, toujours les autres. Ils n'étaient qu'un prétexte et Tommen voulait affronter sa peur. Il se redressa doucement, se détacha du bureau sur lequel il était assis depuis tout à l'heure pour faire quelques pas, entraînant Freya avec lui dans la vieille classe poussiéreuse, il ne voulait pas lâcher sa main. « En fait, pour tout te dire... » commença-t-il d'une voix sérieuse, qui dénotait avec son comportement qu'on pouvait appeler normal, « J'ai peur de te perdre. Cette comédie avec Melisandre, tout cela... C'est égoïste, simplement pour te protéger parce que si je te perds, je me perds. » un avoue, un premier pas pour affronter la peur.
Il y avait déjà eu Lyra.
Pas Freya.



    THESE VIOLENT DELIGHTS HAVE VIOLENT ENDS
    love is a smoke raised with the fume of sighs, being purged, a fire sparkling in lovers' eyes, being vexed, a sea nourished with loving tears. What is it else? A madness most discreet, achoking gall, and a preserving sweet.

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⊱ SANG SORCIER : elle est de sang impur, de sang-mêlé, et n'a aucun à priori dessus.
⊱ SCOLARITÉ : élève de dixième année, spécialisée en sciences occultes, elle vise le métier de langue-de-plomb.
⊱ CLUBS ET DISCIPLINE : préfète de la maison gryffondor, elle fait partie du club de bavboules depuis sa première année, et fait aussi partie des duellistes du château.
⊱ BAGUETTE : sa baguette est faite d'acajou, avec en son coeur une larme de phoenix. sa baguette mesure vingt-cinq centimètres et demi, elle est prédisposée aux sortillèges défensifs.
⊱ PATRONUS : son patronus lui est inconnu, car rien ne sort encore de sa baguette. ce n'est qu'une forme vague dont les contours sont indéchiffrables. mais l'échec n'a pas eu raison de sa détermination et elle a juré d'y arriver.

MessageSujet: Re: our love in their blood (f) Ven 28 Aoû - 18:58

Elle s'accroche. Elle s'accroche à cet amour précaire dans le seul but de satisfaire quelques rêves éphémères. Elle s'accroche à ces instants édulcorés aux allures de rêves éveillés. Elle s'accroche à cette jalousie transcendante qui l'égorge à la nuit tombante, allongée dans son lit à rêver d'interdit. Elle s'accroche à lui plus qu'elle ne s'accroche au monde, désespérée d'être seule et désœuvrée dans cet univers confiné ou elle ne trouve plus sa place. Elle s'accroche parce qu'elle est terrifiée de tomber. Elle le voit, le sol, elle voit le macadam qui s'étend sous ses pieds alors qu'elle se maintient dans les bras de Tommen. Elle le voit qui se rapproche, qui se montre menaçant quelques mètres plus bas et elle désespère à l'idée qu'il la lâche, à l’idée de perdre pieds. Freya, elle se montre brave, elle lève la tête vers le ciel et elle mime l’idiotie des lions, l’intrépidité des rouge et or et se persuade que c’est une part d’elle, une part de son identité, la plus importante part de son être. Elle aime apercevoir l’aura caractéristique du courage, parfois, dans ses réactions et dans sa voix. Elle aime voir ces quelques instants glisser sous la pulpe de ses doigts avant de disparaître dans les limbes d’un autre esprit ravagé. Parce que cela ne dure pas, jamais, cela s’évapore dès la nuit tombée. Freya n’est pas intrépide, elle n’est pas sans peur, elle ne saute pas au-devant du danger. Elle est terrifiée, pétrifiée par ce qu’elle sait, ce qu’elle voit, ce qu’elle fait. Chacune de ses réactions la clouent sur place et la réalité la bouffe plus que de raison. Tout est un bon motif quand il est question de réveiller ce qu’elle craint le plus.

Une fois, elle est entrée dans le bureau de Dumbledore. Il pleuvait, ce jour-là, et elle apercevait les gouttelettes qui tombaient à la renverse par-delà la fenêtre et elle s’est demandait si le ciel pleurait quelqu’un.  Elle pensait que les nuages devaient être tristes et pleuraient, pleuraient, pleuraient des choses qu’ils ne contrôlaient pas. Elle les a vues, les gouttes d’eau, dévaler les airs avec leurs faux parachutes, se gonfler de liberté avant de périr quelques mètres plus bas, se fracassant les jambes sur une fin incertaine. Le ciel pleurait et elle a immédiatement su que c’était un message qu’il lui adressait. Le directeur et elle n’avaient pas commencé à parler – mais elle savait qu’elle venait de perdre quelqu’un, quelqu’un d’important, quelqu’un qui était dans sa poitrine et qui allait y rester, cadavre stupéfié dont elle gardera l’amer souvenir toute sa vie,  et la douleur s’est évaporée avant même de commencer. Le ciel pleurait bien assez pour deux. Elle ne voulait pas avoir mal, Freya, elle voulait être courageuse et brave et fière et par merlin, elle ne voulait pas tomber à genoux à cause de sa petite sœur. Rhéia ne méritait pas de porter le lourd deuil sur ses épaules et elle voulait tout prendre, prendre la peine et la colère et le désarroi et la tristesse. Tant pis si c’était trop lourd pour elle. Il fallait qu’elle tienne. Elle n’a pas eu de crise de larmes comme Mélisandre quand elle a perdu sa mère, elle n’a pas été ravagée comme Rhéia quand elle lui a annoncé, le soir, dans la salle des lions. Elle est restée là, patiente, attendant le verdict qu’elle connaissait, qu’elle anticipait, qu’elle devinait. Elle n’avait pas les yeux brillants et elle s’est mise à penser qu’elle avait faim, terriblement faim, car son ventre hurlait à l’agonie et elle a voulu se lever pour manger quelque chose, pour ne pas crever de faim là, un jour ou le ciel pleure, mais Dumbledore lui a adressé un de ces regards qui vous clouent sur place. Il avait les yeux désolés des gens qui portent la mort sur les épaules, qui sont obligés de vous la rendre même si vous n’en voulez pas.  Il avait ce regard sans fond dans lequel on tombe et dont on ne revient pas. Freya n’a rien dit. Elle a attendu et n’a pas entendu ce qu’il disait. Il parlait pourtant – ses lèvres mouvaient avec délicatesse et les mots semblaient doux comme du coton sur ses épaules parce qu’elle s’est détendue. C’était vingt-six lettres avec lesquelles il jouait, avec lesquelles il dessinait des excuses et des promesses et des faits. Il a construit des hommes habillés de syllabes et de lettres, et ces hommes sont venus appuyer sur ses yeux. La douleur était à peine supportable qu'elle a senti la cascade, l'ouragan - les larmes. Elle ne les a pas compris, les mots magiques, mais ils ont fait leur affaire sans elle et bientôt, elle sanglotait en silence en demandant tout doucement pardon à tout le monde de ne pas être plus forte que ça. Elle a toujours su, Freya, que dans les moments tristes, il faut simplement garder les yeux ouverts sur le monde et attendre que les larmes disparaissent, coulent et tombent comme la pluie, se fracassent les jambes vers une fin incertaine, comme les gouttes de pluie, oui. Il faut laisser les yeux grands ouverts pour ne pas rater l’espoir qui passera, qui vous tendra la main.
Il faut garder les yeux ouverts et trouver la force de croire encore.

Elle ne chuchotait même pas, elle n’en avait pas la force, elle laissait les mots glisser en silence sur ses lèvres entrouvertes alors qu’elle essuyait rageusement ses yeux. Elle n’a jamais su comment le vieux directeur a deviné ses prières silencieuses, mais il a posé une main sur son épaule et lui a promis qu’un jour, cela s’en irait. Que la peine de cette nouvelle deviendrait une douce nostalgie et qu’elle n’aurait plus aussi mal. Il lui a dit qu’aucune perte n’est insurmontable, qu’aucune peur n’est éternelle. Et avec un sourire plus désolé encore, il lui a assuré que le courage n’est pas le fait d’être dénué de peur, mais de les affronter. Et qu’elle y arriverait, qu’elle était une lionne, qu’elle pourrait aller au-delà de ses tourments et y mettre fin.
Il n’a jamais compris que c’est de ça dont elle est terrifiée. De ne pas être capable de les regarder dans les yeux et de leur asséner le coup de grâce. Elle est pétrifiée à l’idée de les laisser gagner.
Mais parfois, elle se dit que c’est déjà fait.

Tommen est sa plus grande peur. Il n’en sait rien, il ne le devine pas, mais il habite chacun de ses cauchemars, chacun de ses rêves, il est partout à la fois. Il est dans sa tête, il est dans sa peau, il est partout et parfois, elle étouffe de savoir qu’elle ne peut pas l’y déloger. Qu’elle pourrait bien tirer encore et encore sur sa peau de porcelaine que jamais il ne foutrait le camp et ne la laisserait pas respirer.  Et puis d’autres fois, elle ferme les yeux et elle trouve qu’il est désespérément loin, et elle agrippe sa robe de sorcier, elle glisse ses mains autour de sa nuque, elle le presse contre elle, elle laisse tomber sa tête contre son cou et elle inspire, inspire, elle espère qu’elle l’aura dans la peau encore quelques heures car ce n’est jamais assez, jamais, jamais assez. Il fait éclore mille pensées dans sa tête, que des questions aux points d’interrogation manquants, et il ne donne aucune réponse. Alors toujours, sur la pointe des pieds de peur de les effrayer, elle vient les chercher du bout de ses lèvres. Elle vient chercher les réponses sur sa bouche, sur sa joue, sur son cou, partout, partout, mais elle n’en a jamais assez. Alors elle en redemande, elle tourne et tourne et tourne rien que pour lui, rien que pour qu’il baisse la garde un peu, et qu’elle puisse lui voler toutes ses répliques.
Et ça la terrifie, de jouer, de jouer au même jeu que lui.

Elle lui chuchote qu’il est égoïste, et elle le pense, parce qu’il a son cœur entre ses doigts et parfois, elle aimerait simplement le récupérer et fuir. Pas par peur, pas par dégoût du mensonge. Simplement parce que le personnage qu’incarne Tommen lui colle à la peau. Parce que des fois, le masque tombe et elle voit le même garçon qu’elle a haï trop fort pendant trop longtemps, elle revoit ses sourires à demi-rieurs et à demi-mauvais.  Et ça la dégoûte d’aimer quelqu’un comme ça,  quelqu’un d’ingrat et jaloux et vindicatif. Une fois la nuit tombée, les cauchemars se réveillent et s’avancent parmi les hommes – et personne n’est capable de voir la différence entre la douce réalité et l’amer mensonge. Pas même elle, surtout pas elle, elle a les yeux fermés et elle laisse ses pas suivre une ligne invisible.  Après tout, on ne peut pas la blâmer d’y croire trop fort et trop mal ; un mauvais rêve ressemble à n’importe qui, jusqu’à ce qu’il sourit.

Mais le jour se lève, le jour se lève toujours,  les cauchemars disparaissent et il ne reste que Tommen qui ne comprend pas ce qui a bien pu arriver. Et Freya est tellement, tellement désolée, à chaque fois, qu’elle tente vainement de le noyer dans les plis d’un amour factice, d’une existence chimérique dont ils ne verront jamais le bout. Elle sait pourquoi ils sont si bien tous les deux, si connectés – ils se ressemblent. Ils s’aiment pour les mauvaises raisons, ils se servent l’un de l’autre de la mauvaise façon, ils sont la bouée qui sauvera l’autre de la noyade et un jour, ils seront simplement des naufragés et ils n’auront plus besoin de nager. Alors peut-être comprendront-ils qu’ils peuvent respirer l’un sans l’autre, vivre l’un sans l’autre. Mais pour l’instant, pour ces quelques années volées à l’éternité, ils savourent chaque respiration commune et attendent la prochaine avec force, avec conviction.
En attendant de tomber à la renverse et de comprendre quelle mauvaise combinaison ils font, ils s’accrochent,  ils s’aiment et ils se perdent. A deux.

« C'est pour ça que je te plais, non ? » C’est des mots, c’est des lettres assemblées les unes aux autres mais elles suffisent pour lui couper la respiration, pour la faire tomber à la renverse, pour illuminer son regard de la mauvaise façon, de la bonne façon, de milliers de façon différentex alors qu’elle hoche la tête un peu trop vite, un peu trop fort. Elle a les yeux plongés dans les siens et elle y voit tout ce qu’il ne dit pas, elle y voit des doutes et des peurs. Quelque chose éclate en elle – chaque vertèbre, chaque muscle, chaque articulation, ses hanches, sa mâchoire, ses rotules, tout n’est plus qu’un champ de ruines, une pile d’os éparpillée à travers la pièce, et elle est un squelette allongé sur le sol avec cœur battant. Boum, boum, boum, tambour mon amour, martèle mon cœur jusqu’à ce que tu n’ais plus peur, elle a envie de chuchoter.
Parce que ça la tue, tout ce qu’elle y voit, dans le regard de Tommen.

Et elle voudrait qu’il laisse ça sortir, qu’il le murmure, le susurre, le chuchote, le dise, le crie, le hurle, qu’importe, elle veut qu’il y mette des mots et qu’il jette tout ça au feu. Elle veut qu’il tende les poignets pour qu’elle lui retire ces menottes qui l’empêchent de se mouvoir à sa convenance. Elle aimerait qu’il lui fasse assez confiance, mais elle sait qu’elle ne lui donne pas toujours le bénéfice du doute. Ils ne sont pas un couple parfait et ça saute aux yeux, là maintenant. Mais elle l’aime et elle se fiche des convenances, de ce que l’on doit dire ou non, elle veut qu’il prenne le temps et qu’il trouve le courage quelque part en lui. Parce qu’il l’a, il l’a depuis toujours et il suffit de creuser, de chercher. Il ne faut pas baisser les bras, elle a envie de lui dire, le choixpeau ne s’est pas trompé.
Mais de tout ça, elle ne dit rien. Elle lui adresse un sourire doux aux allures d’encouragement, et elle laisse ses doigts caresser sa joue alors qu’elle hoche la tête plus doucement cette fois. Dans ses yeux, il y a la confiance et la conviction et l’amour et toutes ces choses dont elle doute souvent mais qu’elle veut lui donner, là, maintenant. Parce qu’il les mérite. Parce qu’ils sont tous les deux cassés, des jouets déglingués avec lesquels on a définitivement trop joués. Et il mérite d’être plus que ça.
« C’est pour ça, puis pour tout un tas d’autres raisons. Mais je vais pas te les énoncer, tu ne passerais plus la porte, après. » Et son sourire est rieur, amusé, elle veut lui changer les idées, elle veut qu’il oublie tout ce qui le tracasse.  Elle n’est pas bonne à ce jeu, Freya, elle n’est pas douée en pardon, et en encouragement. Elle reste souvent en arrière en espérant que le monde ne tombe pas à la renverse car de là où elle est, il n’y aurait personne pour lui tendre la main. Il n'y aurait personne pour la pardonner, personne pour l'encourager.
Freya n'est pas douée car on ne lui a jamais vraiment montré.
Elle sait ce que ça fait de se sentir seul, parfois, même quand il y a cent personnes autour de vous, même quand il y en a mille. Vous êtes seuls et personne ne voit l’appel à l’aide, personne n’essaie.
Elle veut lui tendre la main et lui promettre que tout ira bien. Elle veut façonner leurs demains à la craie et au fusain. Elle veut lui offrir cette existence sauvage et parfaite qu’il mérite.

Freya est humaine et elle fait des erreurs. L’amertume de son cœur souvent consumée par sa volonté de bien faire prend pourtant le dessus, parfois, glisse des mots qu’elle aurait voulu garder, avaler, cacher. Alors elle lui dit que c’est sa faute – tout doucement, mais elle a l’impression de lui cracher ça au visage et elle se sent horrible. Elle baisse les yeux, chuchote qu’elle aimerait s’enfermer entre quatre murs avec lui et ne jamais les quitter. Elle pense aussi qu’elle voudrait capturer l’éternité dans un bocal pour qu’ils la consument plus tard, quand ils seront prêts. Elle pense qu’elle aimerait parfois simplement se fondre en lui et arrêter d’exister, parce que ça serait bien moins douloureux et violent que ces longues journées d’agonie à attendre la prochaine dose de bonheur. Elle pense aussi que ce n’est pas grave, ce n’est pas grave tant qu’ils sont ensemble, quand bien même à des kilomètres de distance. Ce n’est pas grave et tout ira bien. Elle ne le lui dit pas mais il relève son visage vers lui à cet instant précis et il doit les voir, ces quelques mots peints dans son regard.

« Je t'aime. »
Deux, quatre, six, cent, cinquante mille éclats d’émotion viennent frapper son cœur et coulent doucement, tout doucement comme du miel sur ses bleus à l’âme et elle s’entend soupirer de contentement. Parce que c’est un de ces instants précieux ou elle se sent à sa place,  ou elle sent qu’il n’y a rien d’autre à dire pour que ce soit parfait. C’est une de ces minutes délicieuses ou elle est un sentiment, un sentiment tout entier, son sourire sa voix ses yeux son visage ses bras, tout respire la même chose, le même oxygène brûlant à la silhouette humaine ; lui.
Elle aimerait être plus petite encore qu’un neurone pour s’infiltrer dans sa tête et lire ses pensées, lire ses mots et ses sentiments et ses expressions. Elle aimerait être rien de moins qu’une part de lui qu’il chérirait et emmènerait partout. A cet instant, c’est ce qu’elle ressent. Il ouvre sa poitrine en grand sans anesthésie pour ses beaux yeux suppliants, et elle est cette part de lui, elle est dans sa tête et lit tout ce qu’il ne dit pas. « Peut-être qu'on devrait tout arrêter, tout ça... Mais... J'aurai trop peur de te perdre. Je ne suis pas si brave que ça, Freya. »

Les mots
tombent.
Ils ont gravit mont et vallée et ils retombent lourdement sur le sol, là, devant ses pieds. Ce sont des propos dont elle ne connaît ni l’odeur ni le goût mais dont elle devine l’apparence délicate et juvénile. Ce sont des mots plus forts que des épées, plus forts que des baguettes, des mots qui viennent se loger dans votre poitrine comme un long couteau cranté. Et ils y restent, ils s’y logent. Vient un moment où ils meurent. Mais vous continuerez à vous trimbaler les carcasses vides de quelques mots malheureux encore et encore car leurs squelettes s’accrochent désespérément à vous.  Ce sont des mots tristes, qu’il chuchote Tommen. Ce sont des termes qui lui écorchent les lèvres et qui allument un brasier dans sa poitrine – elle perçoit la langue de feu qui vient lui dévorer le cœur, là, alors qu’il vient juste de lui offrir.
Il n’en reste que des ruines.
Il ne reste que poussière de ces mots libérés de l'enfer.

Elle pose les mains sur ses joues, sur ses deux joues pour qu’il la regarde et qu’il la voit. Elle ne lui sourit qu’à moitié, bien trop concentrée à laisser ses yeux parler. C’est le même dialogue sourd, c’est le même monologue idiot qui essaie de ressouder des os brisés et de recoudre des organes calcinés. « Tu es une des personnes les plus braves que je connaisse, idiot. » Elle se pince les lèvres, attend, reprend. « On ne va pas arrêter parce que tu as peur de me perdre, d’accord ? On arrêtera un autre jour, on arrêtera quand tu seras prêt. Et ce jour-là, je serais tout près de toi. » elle lui sourit. Elle ne n’incurve pas ses lèvres dans un sens ou dans l’autre, non, elle lui sourit à lui, littéralement – quiconque l’apercevrait n’y verrait pas la magie de l’instant et ses lippes étirées. Mais Tommen va le voir, parce que son sourire monte jusqu’à ses yeux, son sourire est partout,
son sourire est frisson et il la parcourt toute entière.
Son sourire est baiser et elle vient le déposer sur sa peau, une fois, puis deux, puis trois, elle le martèle de mots et de contacts et il doit être tout retourné mais elle n’arrête pas sa chorégraphie lente. Elle tourne,
tourne,
tourne.
Pour qu’il n’oublie pas, jamais, que c’est grâce à lui qu’elle est encore capable de danser sans tomber.
« Je ne te laisserai pas. C’est pas facile tous les jours, mais on va s’accrocher tous les deux. Je préfère cent fois te retrouver dans une vieille salle de classe deux fois par jour plutôt que de ne pas te voir loin de moi. » Ils sont bouées, et la tempête arrive, violente. Elle avoue, le cajole silencieusement, se livre comme une enfant s’absoudrait de ses pêchés. Elle ne lui dit pas qu’elle l’aime car tout cela n’est qu’un rêve éveillé et elle ne voudrait pas que la triste réalité ne vienne la rattraper pour la jeter, pantelante, devant ses aveux. Non. Elle préfère encore s’accrocher à lui, fort, fort, fort.

Et elle s’excuse d’un nouveau baiser pour l’avoir accusé parce qu’elle n’a pas le droit, elle tient son palpitant entre ses doigts, elle ne peut décidément pas l’accuser de les priver de temps. Tommen se bat contre ses peurs, elle n’a pas le droit de le forcer d’y mettre un terme plus rapidement. Non.
Ils sont le baume capable de soigner les blessures au cœur, les entailles à l’âme. Ils sont capables de soigner esprit détraqué et amour ensanglanté. Ils se quitteront quand ils auront pansé toutes leurs blessures, quand ils auront nettoyé toutes leurs cicatrices et tués tous leurs démons. Alors, ils enfileront leurs armures et retourneront au combat chacun de leurs côtés. Et peut-être qu’ils tomberont encore, peut-être qu’ils se retrouveront pour rejouer la même mascarade ou peut-être qu’ils trouveront un nouveau baume plus puissant capable de les sauver de l’abîme. Car ils ne se suffisent pas – Freya le sait, Freya le voit. Elle sait que Tommen le découvrira un jour, comprendra que leurs blessures n’ont pas été bien soignées, qu’ils se sont accrochés mais qu’ils ont quand même fini noyés. Et elle lui dira, ce n’est pas grave, c’était comme ça que cela devait s’achever. C’était une belle aventure, elle dira.
Mais maintenant n’est pas demain,  non, et de ses doigts délicats, de ses baisers légers, elle caresse ses plaies, elle attend qu’il ne mette fin à la peur qui lui dévore le cœur. Elle l’épaule et elle tente d’oublier que son rôle n’est que ça – le sauver comme il doit la sauver.

« Sa mémoire lui fait toujours défaut, mais quelques souvenirs lui reviennent, comme des brides. » Elle se serre contre lui, elle témoigne son soutien et nettoie cette plaie à vif avec un sourire désolé, parce qu’elle ne sait pas ce que cela fait et elle ne veut pas savoir. Freya, elle n’a jamais rien perdu comme Tommen a perdu Lyra. Elle a perdu son père, oui, mais il est parti serein et la douleur est moins forte, maintenant. Mais comment on fait, quand une partie de nous s’évade vers des horizons que l’on ne peut atteindre ? Comment on fait quand la personne qui nous comprenait le mieux et à laquelle on s’accrochait – comment on fait quand notre bouée se noie elle aussi ?

L’océan est grand,
et les âmes mutilées s’y multiplient.
« Elle me manque. »
Elle hoche la tête, encore, elle chuchote je sais, je sais, elle le répète trois fois avant d’atteindre ses lèvres. « Je sais. » elle susurre une dernière fois avant de l’embrasser. A cet instant précis, elle aimerait pouvoir l’aimer moins. Elle aimerait pouvoir faire six pas en arrière, et repartir, et oublier, et mourir entre ses bras, et elle n’a pas idées de ce à quoi elle pense parce qu’il a les mains sur sa peau, son cœur bat contre sa poitrine et son souffle se mêle délicieusement au sien.
Elle se noie.
Mais elle n’essaie pas de se sauver, elle se laisse plonger dans les eaux troubles de son existence, elle ne pleure rien, elle prend tout – elle prend ses sourires taquins, ses blagues idiotes, sa jalousie cachée, ses sourires sincères, sa colère délavée, ses regards blessés. Elle prend tout ce qu’elle hait et elle le met dans ce baiser, avec la douceur du vent. Et il fait pareil, il l’embrasse si délicatement qu’un instant, elle doute que ce soit le baiser d’un garçon. Non. Elle pense que c’est la brise qui tombe sur ses lèvres et en épouse parfaitement le contour pour la dévorer en trois temps, sur une valse d’il y a deux cent ans.
Elle est un champ de mine et elle veut exploser sous ses baisers, elle veut qu’il soit partout à la fois et elle n’a plus peur, plus peur de ses lèvres et de ses mots parce qu’elle l’a vu malheureux et en colère et désolé et il a eu tellement de sentiments dans son regards autrefois que maintenant qu’il l’embrasse, elle s’y noie. Elle se perd dans les plis de leurs existences emmêlées comme deux vipères au destin scellées et elle en aime l’image poétique. Elle se doute que ses yeux vont se fermer puis se rouvrir pour lui rappeler que le temps est bientôt écoulé. Alors elle ne s’arrête pas. Ses mains quittent les siennes pour s’agripper à son tee-shirt, et elle tire, tire, tire pour qu’il vienne contre elle.
Son baiser trace une ligne.
Elle éloigne les démons.
Elle éloigne les peurs.

Elle est un sablier dont les grains dégringolent – ses incertitudes, ses erreurs, ses malheurs, tous se superposent les uns aux autres. Puis ses victoires, ses bonnes actions, sa confiance, ses bonheurs, ils s’assemblent et s’écrasent dans la machine silencieuse en verre. Le temps s’écoule. Le temps s’écoule hors de son corps, il glisse partout et disparaît, il rappelle au monde, dehors, que le temps n’attend personne, qu’il ne s’arrête jamais. Il serpente au sol et écarte l’éternité de leurs deux corps fiévreux et emmêlés.
Il y a une petite aiguille, l’aiguille d’une pendule qui vient doucement frapper ses paupières, la tapote avec douceur, une fois, puis deux, puis trois, réveille-toi, elle chuchote, réveille-toi, l’instant est fini. Debout, lève-toi, il faut te réveiller.
Elle ouvre les yeux.
La cloche sonne.
Tommen recule et l’observe. Elle a les joues rouges et les yeux brillants – elle ne veut pas le quitter.  « Et si on sautait le repas ? », il demande. Il dépose un baiser sur son front et elle a tellement tellement, oui, tellement envie d’hocher la tête et de reprendre le baiser là où il en était, elle a envie de s’asseoir avec lui pour parler d’hier et de demain. Elle a envie de disparaître dans un autre monde avec lui, dans un univers aux couleurs transcendantes, aux lumières vivantes, aux amours palpitants. Elle a terriblement envie de dire oui, à cet instant précis.
Mais elle ne le fait pas.
« Je me moque bien de ce qu'ils penseront. » Mensonge. Il veut faire semblant – ça se voit. Elle l’attend, le moment où il lui dira que c’est pour elle, qu’il ne veut pas la faire fuir. Elle a envie mais elle ne peut pas car rien de tout ça n’est réellement pour le soigner de sa peur mais pour s’assurer que sa jolie poupée ne va pas arrêter de danser alors qu’il n’y a plus d’électricité. Elle a un sourire désolé aux lèvres qui lui déchire le cœur et elle attend sagement le coup de massue qui la fera définitivement perdre pied, et murmurer des mots auxquels elle n’aurait jamais pensé.

« En fait, pour tout te dire...  J'ai peur de te perdre. Cette comédie avec Melisandre, tout cela... C'est égoïste, simplement pour te protéger parce que si je te perds, je me perds. »
Elle tombe
d’un immeuble
de cent étages,
et elle
se fracasse.
Comme une goutte de pluie, c’est fini. Les mots compressent sa poitrine et elle sait qu’elle devrait respirer et dire quelque chose, mais elle a l’impression de mourir. C’est vrai que c’est simple – la faucheuse vient dans sa longue tunique noire et vous demande d’avancer. Sa voix mielleuse ne laisse pas de place aux doutes et vous la suivez, vous ne laissez ni souvenirs ni mots d’au revoir. La mort est tellement belle que vous en oubliez votre passé, votre avenir – votre présent n’existe déjà plus car les instants sont passés, les instants sont envolés et appartiennent à un temps lointain. Vivre, c’est tellement plus compliqué. Il faut exister chaque seconde de chaque minute de chaque heure. Il faut tenir sur ses pieds et sourire et pleurer et entendre son cœur battre la chamade et s’éteindre doucement. Il faut prier pour des demains meilleurs et apercevoir l’espoir qui nous bouffe le cœur. Il faut hurler à l’injustice et tomber sous  les supplices. Il ne faut jamais arrêter d’inspirer, d’expirer, d’exister, même si c’est douloureux et même si on rêve de tout laisser tomber, on n’a pas le choix. On s’accroche. On est un noyé à la mer – toujours – mais on essaie de survivre.
Et c’est le jour ou tout cela est instinctif, moins douloureux, qu’on arrête de nager et que l’on devient naufragé. On doit construire notre avenir pâle, nos rêves translucides, nos espérances blêmes, on doit les laisser bronzer au soleil de nos amours et à la chaleur de nos passions.
Freya et Tommen n’y sont pas encore, mais ils y arriveront – ils ont ça dans le sang.

Elle inspire, elle expire, elle essaie de penser et de réfléchir et elle réapprend à vivre avec un sourire plus léger.  Vous voyez, ce n’est pas si difficile de mentir.  Comme l’a dit Mélisandre, il suffit d’y croire suffisamment fort pour que cela devienne réalité. Et elle y croit, elle croit à tout ce qu’elle a vécu et tout ce qu’elle vivra encore.
Mais elle ne veut pas que cela commence comme cela ; elle ne veut pas que Tommen prétende affronter ses tourments pour elle. Elle veut qu’il lutte contre sa peur, elle veut qu’il l’égorge aussi violemment et difficilement qu’il le peut, mais pas en son nom, surtout pas en son nom. Car elle n’est que la colle qui soignera son cœur fêlé. Elle n’est pas éternelle et elle ne veut pas que tout cela soit signé ‘pour Freya’ alors qu’il est bien assez courageux pour le faire pour lui-même.

« On va au repas. », elle assène d’une voix douce mais ferme qui ne laisse ni place aux doutes ni aux questions. Elle le dit et dans sa bouche, cela semble être la meilleure chose à faire. Mais Tommen doit le voir, le petit éclat qui se brise comme du verre, qui explose dans ses yeux et qui crie ‘ne l’écoute pas, ne l’écoute pas’, mais ses lippes s’étirent et effacent tout cela. Ses lèvres sont tellement ensorcelantes que même Freya se met à croire que c’est la meilleure chose à faire. Elle l’espère, par Merlin, elle l’espère.
Parce qu’elle aussi, elle a peur de le perdre, de se perdre, de tout perdre. Elle a peur que les Black ne tentent de s’attaquer à sa famille déjà blessée par la perte du patriarche Potter. Elle a peur que Tommen ne trouve mieux sur le marché avant qu’il ne l’ait complètement soignée, comme elle veut le faire pour lui. Elle a peur qu’il ne l’aime plus, qu’il voit comme elle se sert de lui et comme il se sert d’elle – qu’il ouvre les yeux sur cette relation adolescente qui vit pour les mauvaises raisons. Elle a peur qu’il comprenne qu’elle n’est qu’une enfant terrifiée incapable de le maintenir à flot.
Elle a peur de le perdre.
Et cela, c’est plus fort que tout – comme deux mondes qui entrent en collision dans sa tête et dans son cœur. « Tu vas aller sourire à ta fausse petite-amie et dire des idioties avec tes amis. Et ce soir… ce soit on va se retrouver à l’horloge après ma ronde, et on reprendra ou on en était, d’accord ? »

Elle lui sourit, pose ses deux mains sur ses joues et l’embrasse plus violemment qu’avant – elle lui donne du courage et lui prend du courage et lui dit au revoir et à ce soir et je  t’aime.
Puis elle le lâche et va chercher ses affaires qu’elle range, avant d’attraper sa veste.
« Tu es prêt ? », elle demande. Mais elle n’attend pas vraiment de réponses – elle veut qu’il pousse cette fichue porte, et que les heures défilent sans s’arrêter jusqu’au soir. Elle veut que l’horizon se pare de son manteau noir, et elle veut tomber de sommeil entre ses bras.

Elle veut que la lune leur sourit et leur promette ce qui leur est interdit.


my skin has turned to porcelain, to ivory, to steel.  w/ george r. r. martin.  
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⊱ STATUT CIVIL : officiellement en couple avec melisandre, mais ce n'est qu'une façade pour cacher son couple avec freya et protéger celle qu'il aime.
⊱ SANG SORCIER : de sang-pur, mais il s'en moque.
⊱ SCOLARITÉ : élève de dixième année suivant le parcours des soins magiques dans le but de devenir un futur guérisseur (master, deuxième année).
⊱ CLUBS ET DISCIPLINE : capitaine et gardien de l'équipe de quidditch, joueur d'échecs vindicatif et duelliste émérite.
⊱ BAGUETTE : taillée dans le bois d'un vieux houx, elle contient en son coeur une moustache de fléreur et mesure près de vingt-neuf centimètres trois quart. Parfaitement rigide, elle est dit-on, prédisposée aux sortilèges informulés.
⊱ PATRONUS : c'est un noble bélier.

MessageSujet: Re: our love in their blood (f) Ven 28 Aoû - 22:50


Croque-mitaine, croque-la-mort, croque-moi.
Derrière les murs du 12 square grimmaurd se cachaient des secrets. Des secrets dérangeants, des secrets qu'on aimait faire taire. Tommen jouait au jeu du silence. Il avait lui-même verrouillé ses lèvres et jeté la clé. Comment pouvait-il être un petit-ami normal en étant un Black ? Être Black, c'était plus qu'un patronyme. On portait cela dans sa chaire, dans son sang, dans son for intérieur. Tommen se souvenait. Il se souvenait de tous ces faits qui avaient traumatisé le petit garçon qu'il fut jadis. Parfois, il enviait sa soeur pour son malheur. Sa mémoire altérait avait effacé les parties les plus douloureuses, comme les vagues qui s'écrasaient sur la plage, effaçant les châteaux de sable. Les souvenirs étaient nombreux et à un degré de douleur différent. Quand il était petit, Tommen avait peur du monstre sous son lit. Le croquemitaine qu'elle s'amusait à dire, Nymeria. Le garçon se réfugiait dans la chambre de sa soeur pour ne pas être seul, pour ne pas voir le monstre qui n'existait pas. Aussi parce qu'il entendait les coups. Le ceinturon de son père qui clamait sur l'elfe de maison parce que la malheureuse et chétive créature avait renversé le plateau. L'animal couinait de douleur, se tordait sous les coups et suppliait son maître d'arrêter. Tommen aussi, il suppliait que cela cesse. Plusieurs fois, il avait caché sa tête sous son oreiller, tétanisé, incapable de rien, rien du tout. Mais l'écho lointain résonnait toujours au plus profond de son lui-même. Alors le petit Tommen se recroquevillait sur lui-même, attrapant ses pieds dans ses mains, tremblant de peur. Il fermait souvent les yeux en espérant que cela cesse. Il le criait à son esprit et quand le bruit s'arrêtait enfin, le petit garçon était enroulé dans sa couverture, fiévreux. Parfois, Tommen trouvait la force de se lever. Son corps fonctionnait tout seul, indépendant. Il sortait de sa chambre et il descendait l'étage qui le séparait de la chambre de Lyra. Chaque marche grinçait et le garçon se retournait en craignant voir le monstre qui le hantait. Rien. C'était peut-être ça, le pire. Et quand Tommen arrivait devant la chambre de sa sœur, il avait toujours cette peur latente dans le creux du ventre, la peur qu'elle ne soit pas là pour l'accueillir, qu'elle ne lui prenne pas la main ou que la porte ne s'ouvre pas. Lyra était sa sœur, Lyra était sa jumelle, Lyra était son infirmière. Elle savait soigner ses blessures, comprendre ses maux. Aucun mot, simplement la même pensée, le pouvoir des jumeaux. Ils ont grandi dans la même poche et se sont toujours compris. Tommen l'a toujours su, Lyra aussi. Ils ne sont qu'un, deux corps pour une seule âme, l'un ne peut pas se passer de l'autre. Et quand le frère se décida à pousser la porte, il se demandait toujours si sa sœur avait été cueilli par le sommeil, si elle rêvait d'un beau rêve, d'un champs de blé, de la liberté.
Mais Lyra est perdue.
Comme une pièce sur l'échiquier qui est tombée.
Morte.

Je suis un balafré et toi Freya, tu es mon médicament.
Corps contre corps, main dans la main, plus rien n'existe.Tommen le sentait au plus profond de lui. Il n'y avait plus qu'elle dans sa vie, car Lyra était vide, une poupée qui a perdu son âme. Cette pensée achevait toujours le coeur fragile du garçon. Il le sentait se serrer, se broyer dans sa poitrine. Mais quand Freya déposa sa main sur son torse, il se construisait doucement, morceau par morceau. Elle savait toujours faire ça, elle avait ce don, elle était une divinité, une déesse. Sa déesse. Rien qu'à lui. Tommen était possessif. Il voulait serrer sa poupée dans ses bras, pourquoi pas la coiffer, comme un jouet. Mais surtout, ne pas l'abîmer. C'était déjà fait. En posant son regard sur elle, le jeune Black l'avait enchaîné à lui. L'un à l'autre, dos à dos, face à face, lèvres contre lèvres, Freya était sa prisonnière. Pourquoi la garder ? Pour mieux l'apprivoiser, pour qu'elle remplace Lyra dans le rôle de l'infirmière et qu'elle puisse réparer ses petits bobos de sa vie. Quand il restait là debout à rien faire, le regard dans le vide, Freya n'avait qu'à apparaître pour donner un sens à sa vie. Une lumière au milieu des ténèbres, oui elle était tout ça, sa Freya, sa copine, son infirmière. La sienne. Alors quand la jeune femme déposa chacune de ses mains sur ses joues pour l'obliger à le regarder, Tommen avait l'impression de partir, que ses pieds s'étaient décollés du sol et qu'ils partaient loin, tous les deux ensemble. Les lèvres se frôlaient, se scellaient et le temps semblait s'arrêter définitivement. C'était une libération, une bouffée d'air et voilà pourquoi Tommen refusait qu'on abîme Freya. La perdre, c'était perdre son dernier repaire. Le phare allait s'éteindre et le bateau à la coque noire se fracasserait contre le récif, briser, pas simplement casser, briser.
Briser contre les récifs.
Les os du chien en lambeaux.

Reste accrocher à ma mémoire.
Enlacer l'un contre l'autre, Tommen sentait la pression se resserrer, comme un étau par Freya. Elle voulait être plus près de lui, en lui. Et comme pour la combler, il la ramena contre lui, un peu plus, sans force, mais avec douceur. Le baiser était une danse, un ballet qui ne voulait pas trouver de fin, mais la note finale est jouée et le ballet doit cesser, immédiatement. La sonnerie venait grésiller aux oreilles du couple, comme le coup de grâce, le glas. Et de nouveau, le coeur fragile de Tommen se décomposa, doucement, tout doucement comme une sombre mélodie. Alors il espérait la retenir, l'empêcher d'aller dans la grande salle, de se mêler et de jouer à ce jeu du mensonge, des apparences et des faux-semblants. Tommen ne voulait pas mettre son courage sur la table, il voulait rester cacher là, à l'abri de tous avec pour seuls témoins, des vieux livres, gardiens des secrets du passé. Il suppliait presque Freya du regard, de ses yeux qu'il espérait larmoyant, mais le garçon ne pleurait plus. Il avait usé son quotas de larmes lors de son enfance ruinée. Coup de ceinturon, coup de ceinturon, abîmé. Pour convaincre sa petite-amie qu'il connait pour sa rigueur et son sens exagéré du devoir, il s'ouvre. Il a l'impression de s'ouvrir lui-même la poitrine et d'en sortir son palpitant, de le mettre sur la table. Il commença à avouer une partie de ce funeste secret, la peur de la perdre. Et Tommen comprit bien vite qu'il avait mis la sorcière dans tous ses états. Sa poitrine se leva, se baissa au rythme d'une respiration saccadée. Il souhaitait la voir faillir, égoïstement, devant ce choix car l'évidence voulait qu'elle accepte de céder aux avances du mal, de céder, de renoncer et de sombrer, comme Tommen l'avait déjà fait et refait, mais pas Freya. Elle n'était pas lui. Elle n'était pas une ombre, elle était la lumière qui faisait tout disparaître. « On va au repas. » Les mots claquaient comme des gifles sur le visage de Tommen. Il voulait répondre, mais rien, aucun son ne sortait de ses lèvres ouvertes. Il avait perdu. Perdu la partie. Cette once de colère qu'il ne connaissait que trop bien, revenue d'un passé lointain était là. Il refusait de se battre et ses sourcils étaient froncés, mais il n'en fit rien. La tête baissée, Tommen acceptait la sentence, parce qu'il n'avait pas le choix. Parce qu'elle l'avait décidé. « Tu vas aller sourire à ta fausse petite-amie et dire des idioties avec tes amis. Et ce soir… ce soir on va se retrouver à l’horloge après ma ronde, et on reprendra ou on en était, d’accord ? » Le garçon n'avait pas envie de répondre. Il n'avait pas envie du tout, mais il leva le visage et les mots sortirent tout seuls d'entre ses lèvres, comme une vague qui submergeait tout sur son passage. « Je ne veux pas attendre ce soir et je ne veux pas aller dans cette salle et faire semblant d'être ce que je ne suis pas. Je suis ton petit-ami... Non. Je suis l'homme qui t'aime. » Il en avait assez des niaiseries, des papillons dans le ventre. Cela faisait presque un an qu'ils étaient ensemble et qu'ils cachaient leur liaison. Ce n'était pas une amourette, c'était plus fort que cela. C'était de l'amour qui brûle, de l'amour qui enflamme, de l'amour qui calcine, de l'amour qui fait mal, de l'amour qui blesse, de l'amour qui tue. Et à nouveau, leurs lèvres se trouvèrent par la volonté de Freya. Un baiser sauvage, un baiser qui fait mal.
C'était comme recevoir un coup, le souffle coupé.

« Tu es prêt ? »
Non, mais Tommen se contenta d'un hochement de tête pour se détacher d'elle. Le monde n'a ni queue ni tête et il a envie d'en faire à sa tête, mais il n'y parvenait pas. Il enfila sa robe de sorcier et prit son sac pour sortir et refermer sa porte à l'aide de la magie. Le jeu du mensonge pouvait commencer. La limite était dépassée, ils n'étaient plus elle et lui, ils étaient amis et ils se tuaient à petit feu. Le phare était éteint, le bateau naviguait dans la pénombre et la brume. Et chaque pas fut un supplice. Chaque regard qu'ils croisent, ceux qui pensaient qu'ils n'étaient pas un couple, simplement des amis. Les voici qui entraient dans la grande salle avant de s'installer à la table la plus à droite. Tommen était obéissant au jeu du mensonge, après tout, il avait lancé la partie et on abandonnait jamais la partie. Il prit place aux côtés de Melisandre sur sa droite, à sa gauche, c'est Freya et il ne pouvait rien faire. L'homme automate passa un bras autour de sa prétendue amie et déposa un baiser sur le coin de ses lèvres, conscient que cette acte émiettait le petit cœur de Freya. Non, c'était trop douloureux, trop faux, trop tout. Explosion. Les verres se fracassaient les uns contre les autres. Tommen avait tant à dire, tant à avouer à Freya, mais il n'y arrivait pas, il ne pouvait pas franchir la limite. C'était là, quelque part, coincer en lui. Et s'aimer n'était pas suffisant pour le rendre heureux. Le jeune garçon ne mangeait rien, il se contentait de sourire aux plaisanteries de ses amis, les mains sur la table, l'assiette éternellement vide, même quand Melisandre - excellente joueuse - y glissa du porridge, il n'y toucha pas. Non. Tommen n'était pas là, ses pensées vagabondaient ailleurs et il décida de prendre le risque. Sa main gauche se détacha de la table et se glissait sous la table pour saisir celle de sa petite-amie, de la véritable âme soeur et la serrer fort, si fort pour lui faire comprendre combien il était désolé de tout ça. Ce moment ne dura pas longtemps, mais assez pour effleurer sa peau, la caresser du bout des doigts et lui parler sans ouvrir la bouche. Crier sans crier. Aimer sans le dire. Muet, sourd, aveugle, mais pas vide d'amour.
Puis le repas se termina.
La main faisait demi-tour pour croiser celle de Melisandre.
Copie.
Fausse.
Freya frôla Tommen.
Le frisson le fit trembler jusqu'à l'échine.
La vie continuait.
La partie aussi.

Il avait séché le cours suivant pour se réfugier dans les toilettes condamnées des filles, pas pour pleurer, mais pour faire taire sa douleur transformée en colère sourde.
Un coup dans le mur.
Deux coups dans le mur.
Trois coups dans le mur.
Les jointures blanches saignaient.
La peau s'arrachait.
Quatre coups dans le mur.
La main était blessée.
La main était mutilée.
J'explose, je n'en peux plus.

Les portes laissent entrer les cris même en les fermant.
Ces mêmes cris qui autrefois empêchaient Tommen de dormir ont été remplacés par un silence affreux. Le bruit du silence. Le bruit des ténèbres, bonjour ténèbres, mon vieil ami. Il n'arrivait pas à dormir. Assis sur son lit, il savait qu'elle faisait sa ronde et qu'il devait la retrouver dans un peu moins d'une heure. Tommen souffrait d'insomnie, encore un secret, mais cette fois-ci, Freya le savait. Elle le savait car elle l'avait vu. Une fois, ils avaient partagé le même lit, une seule et unique nuit où l'étreinte avait été loin, mais où toujours, Freya l'avait repoussé. Pourquoi ? Elle n'était pas prête, car elle doutait. Et le jeune Black la comprenait. Après tout, il n'était pas sincère. Jamais. Attendre, encore. C'était trop long. Tommen sortit de son dortoir sans un bruit. Il avait troqué son uniforme pour un jean et une chemise mal boutonnée, négligée, comme toujours, sa marque de fabrique. Il descendit dans la salle commune, remarqua que le foyer qui crépitait quelques heures auparavant était bientôt éteint et se glissa devant le portrait de la Grosse Dame. Tommen ignora les protestations des tableaux. Pire, il leur fit un geste obscène du doigt et s'éloigna, de couloir en couloir, tel un étranger dans la nuit, un félin dans la pénombre, une ombre parmi les ombres. Le château était grand, mais il connaissait la ronde de la jeune préfète car plus d'une fois il avait fait le mur pour explorer l'école et il avait appris à décrire les chemins de ceux qui portaient l'insigne. Il la trouva au premier étage, entrain d'arpenter le corridor, sa baguette à la main. Derrière lui, Tommen resta figer. Pourquoi continuer ? Pourquoi ne pas tout finir maintenant ? En quelques mots, pour cesser de souffrir ? Mais derrière, il y avait toujours l'utopie bien trop parfaite d'une vie commune. Ne pars pas. Avancer, faire un pas en avant pour que cesse la dérive du bateau, allumer la lumière.
Un pas.
Deux pas.
Tommen s'élançait.
Tommen courrait.
L'insolence portait le nom de Black.

Je n'ai pas peur, c'est faux. Il voulait que Freya la croit, qu'il avait bravé le vent, la tempête et tous les dangers de la terre pour elle. Ce n'était pas son jouet, ce n'était pas son infirmière, c'était sa lumière, sa chance de s'en sortir, de respirer. Tommen attrapa Freya par la main, il lui faisait peur, comme un démon apparu de nul part, mais il s'en moquait. Il la força à se retourner et trouva instinctivement le chemin de ses lèvres, malgré l'obscurité. Tout s'écroulait autour d'eux, mais le garçon refusait de la perdre elle. Il ne voulait pas que ça soit déjà la fin, la vie, la mort, tout allait et venait comme le courant marin. Alors dans son baiser, Tommen y glissa une passion dévorante. Il jouait avec la langue de Freya comme avec sa vie, il en avait conscience. Il la serra contre lui, glissa ses mains le long de son dos, les passa sous sa chemise car elle portait encore son uniforme et déboutonna d'une autre main, les premiers boutons qui volaient sous l'envie, sous l'atroce pulsion qui le dominait. Mais le jeune Black arrêta de lui-même sa folle pulsion, recula un peu, un sourire gêné sur les lèvres. « Je n'avais pas envie d'attendre plus longtemps, en fait... » et il remit de lui même les boutons qu'il avait défait. L'envie était oppressante, puissante, blessante, mais Tommen savait la faire taire. « Suis-moi » la main dans la sienne, le garçon ne lui laissait pas le temps de répondre qu'il l'entraîna, de couloir en couloir, qu'importe la ronde, qu'importe les devoirs et la raison. Il envoyait tout ça valser à grands coups. La porte de la vielle salle de classe s'ouvrit à nouveau, pas l'horloge ce soir, encore cette pièce, car elle était la plus près. Tommen la ferma derrière eux et posa son regard brûlant sur celui de sa petite amie. « J'ai peur Freya » et sa voix tremble, tout comme ses grands yeux noirs. « J'ai peur de te faire des confessions, de te dire que je ne peux pas détourner mon regard de toi quand tu es là, quand tu es ailleurs. J'ai peur de te perdre comme j'ai perdu Lyra. J'ai peur de te perdre et d'être seul. J'ai peur car j'ai envie de t'embrasser, de te serrer contre moi et de m'enfermer ici avec toi. J'ai peur Freya... J'ai peur qu'un jour, tu passes cette porte et que tu me laisses seul. » Voilà. Il l'avait dit. Il avait réussi, la voix tremblante, la mâchoire vacillant, Tommen avait mis des mots sur sa peur. Il ne pouvait pas être seul. Il avait besoin de quelqu'un là, avec lui, quelqu'un qu'il pouvait serrer et sur qui se reposait. Depuis sa naissance, il était né pour ne pas être seul. Venu dans ce monde à deux, il avait besoin de quelqu'un. De Freya. Freya et personne d'autre. Doucement, il lâcha la poignée de la porte et sentit sa respiration se faire forte, saccadée. L'enfer s'ouvrait sous ses pieds et bientôt, il s'y baignerait. « Je te fais du mal et j'en suis désolé » il approcha de quelques pas, attrapa les deux mains de Freya dans les siennes, mutilées de quelques heures, encore fragiles, mais il s'en moquait, elles étaient chaudes, elles étaient froides aussi. « Cette situation grotesque te fait souffrir et je vais corriger ça... J'en ai assez de te mentir, de te dire que j'ai peur de mon père alors que j'ai peur de moi-même, que tu me laisses sur le bord de la route, seul » il inspira et expira. Quelques gouttes de sueur perlaient sur son front, l'une d'entre elle coula le long de sa tempe pour disparaître dans le creux de son cou. « Je veux que tu sois avec moi, entièrement, librement et surtout, je veux que cette comédie cesse. » la sincérité le faisait trembler, il en devenait presque fiévreux, mais enfin, le lâche avait succombé au preux chevalier, courageux. « Ne me laisse pas Freya, s'il te plaît. Je vais tout faire pour qu'on soit ensemble comme toi tu le veux et comme cela devrait être alors ne me laisse pas. » le bonheur n'existait pas, mais avec Freya, on s'approchait de ce paradis, on le frôlait et on le caressait. Les barrières étaient tombées, Tommen avait déchiré son armure de fer, son cœur était à vif, ouvert aux yeux de la seule personne qui avait de l'importance.
Rien n'a de sens et rien ne va.



    THESE VIOLENT DELIGHTS HAVE VIOLENT ENDS
    love is a smoke raised with the fume of sighs, being purged, a fire sparkling in lovers' eyes, being vexed, a sea nourished with loving tears. What is it else? A madness most discreet, achoking gall, and a preserving sweet.

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⊱ CLUBS ET DISCIPLINE : préfète de la maison gryffondor, elle fait partie du club de bavboules depuis sa première année, et fait aussi partie des duellistes du château.
⊱ BAGUETTE : sa baguette est faite d'acajou, avec en son coeur une larme de phoenix. sa baguette mesure vingt-cinq centimètres et demi, elle est prédisposée aux sortillèges défensifs.
⊱ PATRONUS : son patronus lui est inconnu, car rien ne sort encore de sa baguette. ce n'est qu'une forme vague dont les contours sont indéchiffrables. mais l'échec n'a pas eu raison de sa détermination et elle a juré d'y arriver.

MessageSujet: Re: our love in their blood (f) Sam 5 Sep - 23:59

Freya, elle est souvent à court de mots, à court de phrases. Elle a des dizaines de lettres dans ses poches, quelques syllabes parfois, de pathétiques onomatopées jalonnant ses courbes et s’incrustant dans ses sourires. Elle les sort, les regarde, les lustre de quelques mots étincelants. Mais elle n’arrive pas à les assembler et elle n’a entre ses doigts que quelques cadavres de promesses. Elle aimerait être capable de dire plus, être capable d’en montrer moins, être apte à survivre parmi la foule de façon anonyme et innocente mais Freya est une de ces créatures fabuleuses aux charmes certains et à l’élégance évidente, elle est belle et désirable et timide et serviable  – elle est une femme et elle ne passe jamais inaperçue.
Elle crève tellement de dire quelque chose, n’importe quoi, parfois. Pour sauver le monde de la noyade ou pour rassurer ses pairs, qu’importe ce qui la pousse à implorer un dieu. Elle voudrait juste que les sons se bousculent sur sa langue, s’enroulent dans ses cheveux, glissent sur sa peau pour former des discours qui valent la peine d’être écoutés.  
Mais il n’y a rien au fond de sa gorge, rien que l’amère sensation d’une vérité à demi-énoncée, une semi-réalité qu’elle penne à réaliser.
Et elle ne dit rien, jamais.

Tommen n’a jamais eu peur des limites – il les caresse du bout des doigts, les franchit à grand pas, les embrasse à chaque fois. Tout en lui est extrême, et violent, et passionnel. Tout en lui ressemble à l’océan déchainé, à l’orage furieux. Il est la colère des dieux et la joie des nymphes qui s’abat sur la Terre. Tout en lui est douloureux, puissant, brut. Tout en lui est le noir du blanc de Freya.
La douce, douce, si douce Freya qui planifiait tout avec une peur bleue de la surprise. Celle qui avait fait un plan des cinq prochaines années – école, études, options, stages, travail de vacances - avant d’embrasser Black pour la première fois. Celle qui avait juré à sa grand-mère maternelle cracmole de toujours penser à la messe moldue à laquelle elle avait assistée, relatant les bienfaits de la foi et de la pureté du corps et de l’esprit. Celle qui croyait fermement qu’un premier baiser est important, comme un secret caché aux coins de ses lèvres délicates, et qu’elle ne pouvait l’offrir qu’une fois à un garçon, qu’elle devait fermement y réfléchir avant de le faire. Celle qui ne pensait pas perdre son père si tôt et si violemment, qui avait planifié les années et a dû tout recommencer, les yeux striés de larmes, pour retirer son père de ces plans farfelus. Celle qui n’avait jamais pensé embrasser Tommen ce soir-là, qui n’avait jamais voulu se cacher, qui n’avait jamais voulu subir tout cela. Et toutes ces phrases se déclinent au passé, vulnérables et fragiles, oscillant sous le changement.

Aujourd’hui, elle est celle qui vacille et qui tremble, celle qui croit encore qu’elle peut sauver tout le monde sans penser mettre une place pour elle dans son arche.  Elle est celle qui pense que tout doit être planifié mais qui n’y arrive pas, n’y arrive plus, qui met ses rendez-vous les jours pluvieux et annule tout car on a besoin d’elle ailleurs. Elle est celle qui a déchiré ses plans, brûlé ses vœux, égorgés ses souvenirs de peur de se décevoir, de ne pas y arriver. Parce que Tommen est arrivé, faisant danser la poupée dans le sens inverse, tourner, tourner, tourner. Inlassablement. Et tout a changé. Elle est fatiguée de cette nouvelle elle qui ne lui plaît pas, qui ressemble à un pâle retour en arrière aux allures de nouveauté. Elle l’a embrassé sans réfléchir, s’est laissée tomber dans ses bras sans réfléchir et a vécu un an sans penser. Elle mime de ne pas vouloir se cacher.  
Mais les mensonges ressemblent aux vérités dans le noir, et elle est terrifiée à l’idée d’allumer la lumière.
Aujourd’hui, Freya, elle est celle qui sait que Tommen aime jouer l’interdit. Elle l’a accepté, difficilement, grinçant des dents et se taisant en détournant les yeux, oubliant la vérité en se persuadant que l’omission n’est pas un mensonge. Après tout,  peut-il la blâmer ? Il est celui qui l’a poussée dans ce cercle vicieux. Il l’a peinte de gris,
de gris,
d’un gris dégueulasse aux allures d’oubli. Elle l’a accepté, ça aussi, elle a accepté qu’il la change et qu’il joue avec le feu,
mais elle était loin de penser  qu’elle serait celle qui récolterait les brûlures.

Elle lui sourit, pose ses deux mains sur ses joues et l’embrasse plus violemment qu’avant – elle lui donne du courage et lui prend du courage et lui dit au revoir et à ce soir et je  t’aime.  Mais elle n’est pas capable de le dire à voix haute, elle a le cœur gros le cœur lourd le cœur plein de sentiments effacés au rythme effréné de leur baiser. Alors elle utilise ses lèvres en ultime aide – les mots glissent de sa langue et s’enroulent autour de la sienne avec force, passion
amour,
désespoir.
Elle s’agrippe à lui et lui dit tout ce dont elle est capable de cette façon, plus connectée à cet inconnu qu’elle ne l’a jamais été. Parce qu’elle lui dit, là, tout ce qu’elle ne dira jamais. Elle lui dit qu’elle est désolée parce qu’un jour, elle va le quitter. Parce que la mascarade va s’arrêter et sa mère va en souffrir. Elle ne se pardonnera jamais, Freya, Tommen le sait. Elle ne pardonnera jamais d’avoir laissé son bonheur passer avant celui des siens. Elle n’a jamais cachée l’amour, la passion
la puissance,
des liens qu’elle entretient avec sa famille. Ils sont une part intégrante de l’être qu’elle s’efforce d’être. Tommen le sait, il l’a vue, le sourire grand comme le monde en cachant l’univers à Rhéia, en lui faisant fermer les yeux fort fort fort pour oublier l’horreur et la peur et le noir des ailleurs. C’est pour ça qu’il la cache avec tant de force. C’est pour ça qu’il mime l’égoïsme de cette protection, c’est pour ça qu’il refuse de la laisser retrouver le chemin de la liberté. Elle le sait, maintenant, elle le comprend doucement. Et c’est pour cela qu’elle est désolée – elle va finir par le laisser tomber et elle ne sait pas si elle aura fini de panser ses plaies. Elle sait qu’elle va le détruire et elle redoute de faire saigner ses cicatrices. Mais elle n’a pas le choix, elle ne l’aura plus quand ça arrivera. Ce sera soudain et maladroit – elle prendra conscience de la réalité qui enserre sa gorge, elle observera Tommen comme elle ne l’a jamais fait et elle chuchotera, je suis désolée, je suis désolée. Et elle ne s’arrêtera pas.
Parce qu’elle n’arrêtera jamais d’être désolée. Il est son addiction et elle va devoir le quitter, elle aura le cœur brisé. Mais elle fera semblant, parce qu’elle pensera que c’est pour le bien de tous, pour le sien comme le leur.  Elle n’aura plus d’autre possibilité que de jeter leur amour, qu’il soit épique ou doux ou violent ou amer ou passionné. Elle sait déjà que tout est programmé. Et elle aimerait tellement,
tellement,
tellement que le temps s’arrête maintenant.
Et un instant durant ce baiser, Freya se trouve – celle qui planifie tout.  Elle planifie leur fin, là, comme avant. Malheureusement, elle aurait aimé que ce ne soit pas de cette façon.

« Je ne veux pas attendre ce soir et je ne veux pas aller dans cette salle et faire semblant d'être ce que je ne suis pas. Je suis ton petit-ami... Non. Je suis l'homme qui t'aime. »
Ce sont les mots
qui glissent sur sa peau.
Ils sont doux, ils sont légers, ils sont exquis. Ils embrasent sa peau et ses yeux se ferment en les sentant couler comme du miel. Elle a les oreilles pleines de coton et les yeux pleins d’étoiles mais rien n’importe plus que le sourire qui illumine ses lèvres à cet instant ; elle regarde Tommen et elle semble heureuse, elle est heureuse, elle se sent heureuse de l’entendre mettre des mots sur ce qui lui retourne l’estomac. Il est l’homme qui l’aime, il est l’homme qu’elle aime, et c’est terrifiant de ne plus être des enfants. Elle pense encore aux instants ou ils jouent, se chamaillent, rient comme des mômes. C’est les instants perdus d’une génération qui tombe à genoux.

A Azkaban, on retire chaque horloge, chaque montre, chaque tic et chaque tac sur le chemin des prisonniers condamnés à perpétuité. On croit que cela obliger le temps à s’arrêter, on pense peut-être qu’il va cesser de s’écouler car les horloges se sont envolées mais chaque tic résonne jusqu’au prochain tac et rien n’arrête la fuite meurtrière du temps. Sur les murs se bousculent des traits blancs qui comptent les jours et quand on barricade leur fenêtre, ils notent les jours en fonction des repas. Rien n’arrête la course poursuite car l’homme est l’éternel chasseur et la gazelle n’attend pas. On croit peut-être que la solitude plongera le condamné à errer sur le rivage de l’éternité. On espère qu’il se noiera dans les eaux troubles du temps car rien n’est plus terrible que cette menace éternelle des heures qui s’acheminent sur notre peau en cicatrices disgracieuses. On prie pour que rien, jamais, ne lui rappelle qu’il est le tic d’un tac, qu’il est le nombre d’une horloge et qu’un jour, l’aiguille se posera solennellement sur lui, puis une autre, encore une autre.
On espère faire durer sa condamnation à jamais, on pense que le temps ne l’attendra pas.
Mais le temps s’écoule brutalement comme si toutes les horloges, toutes les montres, toutes les cloches et tous les carillons résonnaient en chœur à l’oreille du condamné.

Ce sont les mots
qui glissent sur sa peau.
Et ils lui font cet effet désagréable d’emporter le temps avec eux. Ils la déposent gracieusement sur le rivage d’une éternité fastidieuse aux contours flous. Et ils lui retirent horloge et tic, et elle est le tac qui erre dans le temps. Mais Freya le reconnaît, le tic qui résonne à son oreille. Si bien, si bien qu’elle en perd pieds, défaite.
Parce qu’il est l’heure.
Il est l’heure de tomber à genoux et de demander un peu de clémence, un zeste de rédemption. Pas de pardon pour les enfants perdus, simplement un peu de considération. Il est l’heure d’être fort et brave et courageux et fier. Il est l’heure de détourner les yeux pour éviter la peur, la terreur de l’oubli qui guette – le terrible oubli que tout cela est théâtre, ils sont acteurs et ils jouent. Théâtre aux allures de torture, qu’importe, ils ne sont ni décors ni héros, ils sont figurants qui s’évertuent d’apporter ce qu’ils peuvent à leur triste histoire.
Ils sont les spectateurs de leur propre vie.

Elle s’avance comme le condamné vers l’échafaud mais elle est vêtue d’or – son sourire resplendit dans l’aura sombre de son petit-ami et elle esquisse de nombreux rictus aux élèves, qu’elle les connaisse ou non. Parce que Freya est gentille, elle est attentionnée, tout le monde l’apprécie plus ou moins, elle est un joyau brut qu’on prend bien trop de plaisir à souiller. Et ça se sent que Tommen a cet effet sur sa peau, sur son corps ; il est malsain et elle souffre.  
La grande salle se dessine sous ses yeux noisettes et elle ne jette pas un regard à Tommen en s’installant face à Patch – nouvel élève de Gryffondor autrefois à Beauxbâtons surnommé Patch depuis qu’il a été opéré de façon moldu et a possédé plus ou moins des organes métalliques pendant quelques mois. Freya ne lui a jamais adressé la parole, de peur de faire une bêtise par rapport à Tommen – est-il jaloux, possessif, violent ? Elle ne sait pas.
Elle le connaît les yeux fermés.
Et elle ne veut pas les ouvrir.
Mais voilà, elle peut lui parler ou parler à Tommen et entre les deux garçons, son choix est vite fait. Parce qu’elle peut se décrocher de cette addiction malsaine qui la bouffe, tout en discutant avec un parfait inconnu, apprenant à connaître quelqu’un qui ne l’a pas vue petite comme trois pommes, qui ne connaît pas son air intelligent et sa main levée. Elle a le choix entre sa drogue et sa rédemption.
Elle n’a pas le choix, étape un de la plus dure épreuve de sa courte vie.
Elle n’hésite pas un instant – elle enfouit Tommen au plus profond de sa poitrine comme un délicat souvenir et s’ouvre toute entière aux nouvelles possibilités.  Cela sonne faux, mais le bonheur est superficiel.  La silhouette d’un sourire sur les lèvres de Patch se dessine comme une bénédiction alors que les mots tombent de la bouche de Freya. Elle engage la conversation pour oublier que son amour mime d’aimer une autre et qu’il est en train de charcuter son cœur. Et elle parle, elle parle des cours et du temps et du repas et même de sa passion pour la justice, de son envie de devenir langue-de-plomb, elle parle des langues qu’elle aime. Et il écoute, il écoute tout sans chercher à se moquer de son addiction pour les livres, de son stress, de son organisation, il assimile tout mais ne dit rien, argumente, partage son avis, défend le sien, il lui apprend qu’il veut devenir professeur de défense contre les forces du mal, il lui dit qu’il parle couramment espagnol mais qu’il serait incapable de dire bonjour en français. Elle apprend qu’il n’arrive pas à assurer en cours mais qu’il aime découvrir de nouvelles choses, qu’il ne possède pas son diplôme de transplanage et que ça l’énerve souvent mais que ce n’est pas si important. Pas un instant, elle ne pense à Tommen qui mime l’amour fou avec Melisandre, elle oublie ses yeux et ses baisers et ses doigts sur sa peau et son souffle contre son cou et ses je t’aime, je t’aime, je t’aime qui résonne comme une nouvelle dose, juste une dose et ses sourires et…

Il pose sa main sur la sienne.

Tout lui revient au visage comme une gifle, ses mots ne s’extirpent plus de sa bouche et Patch attend, gentiment, qu’elle reprenne alors qu’elle comprend la situation.  Elle comprend qu’il est en train de la tromper – d’une certaine façon, et qu’elle l’accepte. Elle est cette femme trop peureuse de réclamer ce qui lui revient de droit de peur qu’on la quitte et elle ne veut pas l’être, elle ne veut plus l’être, elle veut sa liberté. Elle est la femme mariée du dirigeant – tout le monde sait qu’il a une maîtresse mais personne ne parle. Elle le sait mais elle accepte parce qu’elle ne sait rien faire d’autres. Elle est la maîtresse, aussi, la  salope de ses nuits étoilées qui réclame reconnaissance. Et à cet instant précis, alors qu’il la touche, elle se hait, elle se dégoûte, elle ne supporterait même pas de se voir dans un miroir tant elle hait ce qu’elle dégage – elle est dégoûtante, avec ce visage passif, avec ce sourire faux, cet air faux, ces mots faux, cet amour faux, faux, faux.
Tommen est à côté d’elle et il glisse sa main sur la sienne, la caresse. C’est doux, c’est léger, c’est un mensonge mais elle est incapable de dire non car c’est cela de pris, c’est cela dont elle se rappellera le soir. Elle oubliera l’amertume qui enserre sa gorge et la peine qui noie son cœur, elle n’aura d’yeux que pour les papillons qui volent dans son estomac et trouent ses organes car Tommen en aura décidé ainsi. Il dit et elle fait, parce qu’il est cette drogue pour laquelle elle vendrait sa propre sœur. Elle a beau haïr cette partie d’elle, Freya, elle sait qu’elle est là et qu’elle attend son propre Salut.
Puis faut dire que Freya a arrêté de se battre contre ça depuis des mois.

Le repas se finit et elle fait demi-tour, juste demi-tour, la main magique,  il reprend ce qu’il lui a donné et l’offre sans concession à Melisandre.
Quelque chose de brise, quelque part, un boulon ou un rouage et toute la machine arrête de marcher. Elle arrête de tourner. C’est à cet instant précis que l’usine cesse de marcher,  elle tombe de son piédestal et elle se brise sur la pierre froide. C’est un de ces instants qui se figent dans le temps, qui resteront intacts pour des décennies. C’est le genre d’instant où l’on brise un mythe ; trop de choses ont été dites pour que cela continue. Ils ont eu la conversation la plus poussée depuis le début de leur relation et voilà que le jeu continue. Il n’en vaut pas la chandelle.
Mais il ne voit rien.
Ne dit rien.
Ne fait rien.
Et elle comprend quelque chose qu’elle ne veut pas entrevoir. Elle assimile une décision qu’elle va prendre qui la découpe en deux, qui la détruit de la plus dure des façons. Ils ont cru qu’ils pouvaient soulever des montagnes mais parfois, croire ne suffit pas et les montagnes s’écroulent. Tant pis s’ils sont en-dessous – l’espoir est une chose dégueulasse qui trahit et qui tue.
Elle marmonne qu’elle doit aller chercher ses affaires et Patch propose de l’aider.
Elle n’a pas la force de résister.
Elle frôle Tommen et s’échappe, Patch est dans son dos.

Les cours s’enchaînent, litanie incessante, mélodie épuisante, elle est fatiguée et inquiète et agacée. C’est lui qui disparaît et c’est elle qui endure la lourde réalité. Elle fait cours de langues avec Patch, exceptionnellement, et savoure le sud dans sa voix quand il lui parle en espagnol. Il a l’amérique du sud et l’Espagne dans sa bouche – c’est divin, et il berce Freya quelques heures. Ils restent ensemble dans les couloirs et la journée se passe doucement sans que la poupée ne se morfonde pour Tommen parce qu’il y a un brun aux sourires hésitants, pas Melisandre ni Blaise, juste Patch qui ne sait rien pour Black et qui n’a pas passé son temps à se moquer, à se battre, à croire qu’il peut avoir le dessus sur elle à coup de baiser, des mots bien placés, rien rien rien. Il est juste là, il veut simplement avoir une amie et Freya n’a ni la force ni envie de dire non – elle aime avoir une épaule attentive qui ne connaît pas tous les détails de sa propre vie. Il ne lui donne pas d’ordre et la conseille sans en connaître même l’histoire ; il le fait en son âme et conscience et ne considère pas qu’il la connaît mieux qu’elle ne se connaît pour choisir sa voie. Un peu par hasard, durant une heure libre, elle lui a parlé de son père. Elle lui a dit combien c’était dur pour sa petite sœur, combien ça l’était pour elle parfois et il n’a pas essayé de mettre la lumière sur quelque chose qu’ils savaient déjà – qu’elle s’inquiétait plus pour sa sœur que pour elle et que non, non, bien sûr que non, ce n’est pas sain. Il lui a dit qu’il comprenait, qu’il compatissait, et il l’a laissé parler.
Elle n’a pas besoin de le réparer, Patch, il n’est pas brisé.
Et pour la première fois depuis longtemps, elle découvre la liberté et la savoure.
Elle est amère et effrayante et glaciale mais Freya pourrait s’y habituer, car elle est moins rude que les menottes qui l’enchaînent déjà.
Tommen, Tommen est le pire des cadenas et elle aime le métal froid sur ses poignets.

Elle a commencé sa ronde. Freya aime marcher, vérifier, jeter quelques lumos avec un sourire confiant. Elle aime penser, réfléchir ; seule. Elle sait qu’elle verra Tommen ce soir et si elle est excitée à cette idée, elle veut faire sa ronde d’abord qui lui permettra d’être sienne toute la soirée sans avoir peur qu’un idiot tente de contrer le règlement. Elle aime la certaine quiétude qui s’empare d’elle quand elle parcourt les couloirs, elle peut penser librement, être avec elle-même. Poudlard met la lumière sur ses doutes et l’aide à y voir plus clair, ses rondes sont une bouffée d’air frais quand tout semble perdu et monstrueux. Elle sait que Tommen l’attend quelque part, à l’horloge ou elle l’embrassera encore parce que le baiser de la matinée est encore acide sur ses lèvres – elle ne l’a jamais embrassé comme ça, elle n’a jamais eu l’envie aussi pressante d’être contre lui, avec lui. C’était nouveau et délicieux et effrayant et d’une certaine façon, elle a impatiemment envie de recommencer. Mais d’abord, elle veut finir de patrouiller pour se vider la tête et être pleinement sienne.

Un main se pose sur son bras.
Une bouche l’empêche d’hurler.
Mais elle est terrifiée. La terreur coule dans ses veines comme du mercure, lourd, lourd, lourd, et son corps ne tient presque plus debout. La poupée, elle a une réaction étrange et irrationnelle et stupide ; elle suffoque, blêmit, cherche un échappatoire à ce contact soudain. Elle se désagrège sous ce baiser violent auquel elle ne prend aucun plaisir parce qu’elle a peur ; le pire des venins coule dans son sens et elle est pétrifiée, incapable de le faire reculer. Elle est un glaçon froid, froid, froid, glacé, qui fond. Et elle coule, coule, coule. Et ses pensées ne sont plus claires, s’emmêlent, demain aller voir Rhéia, cours de potion, pousser Tommen, envie de pleurer, ses pensées tombent lourdement sur ses épaules.
Elle est juste là, passive, attendant qu’il en finisse avec elle. Elle a les paupières closes et prie pour que ce manège prenne fin.
Mais ça continue.
Et les boutons
se détachent
un
à
un.
Et elle hurle. De toute ses forces. Elle explose ses poumons en des dizaines de cristaux qui redeviendront plus tard des organes pleins de cicatrices, granuleux et peu fonctionnels. Des organes qui se souviendront de cet instant, parce que Freya n’oublie pas, jamais, jamais. Des organes qui ne marchent pas. Elle ne pourra plus respirer, elle aura la poitrine qui s’élèvera, se baissera, s’explosera encore sans jamais réellement respirer tout ça parce qu’elle est terrifiée.
On appelle ça l’angoisse.
Et elle crie toujours. C’est ce qu’elle croit – c’est ce qu’elle veut faire – c’est ce qu’elle essaie de faire. Mais elle ne hurle pas, elle crie uniquement dans son imagination et ses lèvres ne remuent même pas. Son cœur vint d’expirer et son esprit est allé au diable pour l’instant fatidique ou elle tombe en enfer et ses yeux, ses yeux, elle croit bien qu’à cette seconde précise, ils saignent.
Il se recule finalement, le cauchemar, il reboutonne ce qu’il a détaché sans se douter que ce qui est cassé ne se répare pas. Ce qui s’est fissuré le restera toujours. Et il a un sourire gêné, un rictus installé sur ses lippes, mais Freya ne le voit pas, elle a les lèvres entrouvertes et le regard vide alors qu’il s’excuse. Elle a toujours eu peur du noir, toujours eu peur de Tommen dans le noir, toujours eu peur des mains de Tommen sur elle dans le noir.
Et tout ça est là, face à elle, en chair et en os.

« Je n'avais pas envie d'attendre plus longtemps, en fait... » Les mots sont dégoûtants, ils sont remplis d’une demi-excuse camouflée qui ne veut rien dire car il n’en veut pas. Il n’est pas gêné, il est désolé qu’elle ne soit pas prête. Et maintenant, il l’emmène de force. Il lui dit, suis-moi, suis-moi, mais Freya secoue la tête. Elle dit non, non, le chuchote, s’il te plaît, laisse-moi, je veux pas, je veux pas. Elle a la voix cassée, la gorge enrouée, les mots sont une plainte silencieuse qui s’extirpe à peine de ses lèvres. Elle secoue si fort la tête qu’elle pourrait se dévisser. Mais il ne voit pas, il tire sur ses doigts, il l’agrippe alors qu’elle se débat quelques secondes. Sa main est brûlante sous les doigts inquisiteurs de Black qui serre un peu trop fort. Elle pince les lèvres, se soumet à son plaisir, met ses pas dans les siens et ravale les larmes qui dévorent ses yeux maintenant. Elle voudrait que ça s’arrête. Les portes défilent, ne se ressemblent pas, l’horloge n’est pas là.
La salle de classe.
Il va l’enfermer, il ne s’arrêtera pas… C’est Tommen, Freya, c’est Tommen, c’est celui que tu aimes et qui t’aime et… mais déjà, sa tête n’arrive plus à séparer le garçon du monstre et elle ne voit rien d’autres que les instants précédents.
« J'ai peur Freya.  J'ai peur de te faire des confessions, de te dire que je ne peux pas détourner mon regard de toi quand tu es là, quand tu es ailleurs. J'ai peur de te perdre comme j'ai perdu Lyra. J'ai peur de te perdre et d'être seul. J'ai peur car j'ai envie de t'embrasser, de te serrer contre moi et de m'enfermer ici avec toi. J'ai peur Freya... J'ai peur qu'un jour, tu passes cette porte et que tu me laisses seul.  Je te fais du mal et j'en suis désolé. » Il parle, mais ses mots sont vides. Freya les écoute mais ne les entend pas, ne veut pas les entendre. Elle n’est pas la femme mariée qui attend sagement que son mari décide de lui accorder du temps ; elle n’est pas la femme battue qui espère sincèrement ne pas voir son petit-ami dans le noir ; elle n’est pas une menteuse ; elle n’est pas une infirmière ; elle n’est pas une lumière ; elle n’est pas un jouet ; elle n’est même pas à lui.
Et à cet instant précis, elle ne veut rien avoir à faire avec Tommen.
Il s’approche, glisse ses doigts dans les siens mais il est blessé et Freya recule encore, se dégage de sa poigne, la main posée sur son poignet douloureux, dégoûtée de ce contact dont elle ne veut pas. La peur circule encore et lui retourne injustement l’estomac. Elle veut que ça s’arrête. Que tout s’arrête. Et elle a promis, oui, de ne jamais le quitter. Elle lui a dit, je m’en irais jamais, je t’aime, je ne te quitterais jamais, jamais, j’arriverais pas à exister sans toi. Mais elle se perd déjà avec lui. Puis il a aussi promis de ne pas dépasser certaines limites.
Ce soir, il les a toutes brûlées.
Et c’est encore Freya qui en récolte les cicatrices.
« C’est maintenant, que tu me fais du mal… » elle souffle. Le plus terrible, ce n’est pas les mots amers qui tombent de sa bouche et rampent jusqu’à lui. Ce n’est pas la lueur terrifiée dans son regard. Ce n’est pas la distance qu’elle met entre eux ni la façon dont elle observe la salle, comme si elle envisageait de s’enfuir. Ce n’est pas la façon dont elle se tient le poignet ni celle dont elle envisage d’empoigner sa baguette. Ce n’est pas les mots, les gestes, l’apparence, le décor.
C’est la vérité
pure et dure
que cache
cet aveu.

« Cette situation grotesque te fait souffrir et je vais corriger ça... J'en ai assez de te mentir, de te dire que j'ai peur de mon père alors que j'ai peur de moi-même, que tu me laisses sur le bord de la route, seul  Je veux que tu sois avec moi, entièrement, librement et surtout, je veux que cette comédie cesse.  Ne me laisse pas Freya, s'il te plaît. Je vais tout faire pour qu'on soit ensemble comme toi tu le veux et comme cela devrait être alors ne me laisse pas. »
Même mascarade insipide. Il ouvre son cœur et elle ne voit rien. Il attrape le scalpel et ouvre sa poitrine sans se soucier un instant du sang qui gicle, de la situation morbide – il a l’air fou, à côté de la plaque, possédé. Peut-être parce qu’à cet instant, elle n’y croit pas, elle ne pense pas que ses mots soient vrais. Elle a les yeux pleins de larmes et la peur au ventre et rien ne la fera changer d’avis. Peut-être parce qu’elle n’a pas encore pris de décision.
Trop de peut-être dansent dans sa tête, trop d’indécision s’installe dans ses gestes, elle n’est qu’une seule et même chose ; le doute implacable et dur qui empoisonne toute une vie. Elle aimerait le croire sur parole et fermer les yeux et tomber et savoir, savoir qu’il la rattrapera quoi qu’il arrive.  Mais elle doute, maintenant, elle a peur qu’il ne voit simplement pas qu’elle s’effondre. Il ne comprend pas, pas vrai, à quel point il l’effraie ? Il ne sait pas, n’est-ce pas, qu’il n’a jamais autant ressemblé à ses cauchemars que ce soir ? Elle pourrait se pincer, presque, pour vérifier.
Mais la réponse, quelle qu’elle soit, l’effraie tout autant que son opposé.
« Tu sais combien les rondes comptent pour moi… Tu sais que je ne veux pas le faire… Tu sais que je déteste quand tu te comportes comme ça… Tu m’as fait peur... Le problème n'est pas là ou tu penses le voir, » elle allait dire Tommen, elle allait laisser son prénom caresser sa langue avec sa douceur caractéristique, mais elle s’arrête, incapable de le murmurer sans le cracher, tellement tellement tellement en colère. « Je … je ne sais pas quoi te dire, je crois que… je vais juste y aller, d’accord ? On parlera plus tard. Demain. Dans le parc. On va se coucher et ça ira » elle soupire, recule encore vers la porte.
Et elle ne dit rien sur le choix du lieu de rendez-vous, mais c’est assez explicite ; elle ne veut pas être seule avec lui. Elle veut que ce soit impersonnel et orchestré et vide de cris et de larmes. Elle veut lui dire, tu me fais mal, tu me fais mal de la pire des façons avec un sourire convaincant. Elle veut lui dire, c’est pas grave, c’était une chouette histoire, sur le ton de la conversation.
Je t’aime, je t’aime, aussi, sur le bout des lèvres à chaque fois, elle le chuchotera. Même quand ses yeux et son corps et sa voix diront le contraire, elle ne cessera pas. Même quand le monde s’effondrera, ses lèvres continueront de le hurler. Parce que c’est inscrit là – il est son baiser caché, son sourire secret. Il est une part d’elle, et elle va l’aimer
encore et encore et encore.
Elle est devant la porte, main levée pour attraper la poignet, quand elle fait volte-face. Elle le regarde, doucement, parce que son cœur bat tellement tellement tellement fort qu’elle ne peut pas arrêter de le regarder. « C’est pas le mensonge qui est douloureux, c’est pas nous, c’est toi. T’es la seule chose que je n’arrive pas à gérer. J’essaie, désespérément, parce que je veux que ça marche. Mais personne ne peut y arriver sauf toi. Et je ne veux pas subir cette bataille si je n’y combats pas, tu comprends ? » elle lui sourit. Un sourire acide au miel et au poison et au sucre, un sourire douloureux qui n’a pour but que de l’apaiser lui. « Je ne te laisse pas seul, je serais toujours là. Il faut juste... Il faut que tu arranges tout pour qu'on soit ensemble. » Les mots sont fades, promesse pâle qu'elle n'est pas sûre de tenir, qu'elle n'est pas sûre de croire. Elle a l’air calme, tout à coup, elle n’a plus peur, plus peur du tout.
Elle sait déjà que demain, le soleil ne se lèvera pas.


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